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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
Le Monde des Religions Couverture.

Le Monde des Religions Couverture.

Les 15 Dates Clés de la Franc-Maçonnerie.

 

Pourquoi les 15 dates clés, simplement par ce que cela s’inscrit dans une série de publications, le Monde des Religions ayant déjà fait paraître les 15 dates du Christianisme et les 15 dates de l’Islam.

La rédactrice en chef Virginie Larousse dans son Éditorial écrit : « Les maçons libres, ont remis à l’honneur la pratique d’une initiation intellectuelle et spirituelle dans un souci de tolérance et de fraternité universelle »

 

En ouverture de ce numéro spécial, une interview de Pierre Mollier Conservateur du Musée de la Franc-Maçonnerie et membre du GODF.

Puis plusieurs articles se suivent au fil des pages respectant un ordre chronologique de 1717 à 2015 sous les titres suivants :

 

1717- Naissance officielle de la Franc-Maçonnerie Anglaise. (Bâtisseur d’un esprit nouveau)

 

1730- Naissance officielle de la Franc-Maçonnerie nord-américaine (le monde s’ouvre aux frères)

 

1734 – La France initiée (les frères français en marche vers l’unité)

 

1736- Illuminisme et hauts grades (le chevalier de Ramsay et l’esprit des Templiers)

 

1877- La maçonnerie coupée en deux (les frères de France pour la liberté de conscience)

 

1893- Les sœurs en loge (le Droit humain, la loge pour tous)

 

1940- la loi antimaçonnique du 13 août (les maçons dans la tourmente)

 

1944- Annulation des lois antimaçonniques  (une nouvelle carte se dessine)

 

1945- Première obédience féminine (la Grande Loge Féminine de France en gestation)

 

1983- Refonte du droit canonique (Églises et franc-maçonnerie.Consoeurs ennemies ?)

 

2015- Libre spiritualité  et religions (les frères et les sœurs dans le monde actuel)

 

Un parcours intéressant, pour mieux comprendre la fraternité, les profanes seront, néanmoins partiellement éclairés, il manque à ce panorama, la représentation équitable des obédiences maçonniques, la part belle a été faite au GODF, quelques articles réservés à d’autres obédiences comme la Fédération du Droit Humain, et la Grande Loge Féminine de France on regrette l’absence en particulier de la GLNF et de la GLDF ont t’elles refusées de participer ? Un Bibliographie étant proposée en fin de numéro, une page au moins aurait pu être consacrée aux diverses adresses des obédiences.

Néanmoins ne boudons notre plaisir, il y a apprendre dans ce numéro spécial pour le profane et le maçon, Cela nous change des marroniers habituels, le format est agréable, les illustrations nombreuses et de qualité.

JFG

 

Vente en Kiosque Le Monde des Religions Collection histoire numéro spécial 7,50 €. 

La Construction, Washington, Les Templiers, La pieuvre Maçonnique, La Fayette, La Séparation Eglise et Etat, Anti Maçonnique, Maria Deraismes Cofondatrice du Droit Humain, Loi  Antimaçonnique 1940, La G L F F.
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Publié le par jean françois
Réunion Politique en Inde et manifestation.
Réunion Politique en Inde et manifestation.
Réunion Politique en Inde et manifestation.
Réunion Politique en Inde et manifestation.

Réunion Politique en Inde et manifestation.

HUMEUR-POLITIQUE VOTEZ !!!

 

Vote : Vœu exprimé, manifestation de la volonté individuelle et globale, opinion exprimée, manière de s’exprimer, droit du citoyen.

 

 

L’homme animal sociable, ne peut vivre seul, mais son égoïsme rend difficile sa sociabilité. N’étant pas par nature généreux, il ne pourra vivre en société sans éviter les conflits, pour sortir de la barbarie, la justice c’est assise à côté de Zeus. L’État avec ses lois, ses droits et ses devoirs a offert un cadre permettant le vivre ensemble.

La Politique c’est l’histoire au quotidien, qui permet de créer du lien entre tous les hommes, dont la « Polis » la cité à besoin. La Politique tout à la fois oppose et crée de l’union, elle est la soupape qui permet de nous supporter. La fin de la Politique serait en quelque sorte la fin de l’humanité, parce que la fin de la Liberté. Sans la Politique c’est la guerre, l’on recherche d’ailleurs toujours une ou des solutions politiques avant de déclencher un conflit armé.

 

La Politique est donc une méthode, ‘un art’ de s’emparer du pouvoir d’un État et de le conserver afin d’éviter l’usage de la force. L’apolitisme est le chemin vers la dictature, il n’y a pas de débats, mais une prise du pouvoir par la force, c’est l’abandon du faible. Pour faire de la Politique on peut, être d’aucun parti, le Maire de mon village qui est « sans étiquette » fait de la Politique tous les jours, il gère les conflits entre ses administrés et prend des décisions d’intérêt général.

 

Morale et politique s’accordent mal, la morale est d’abord individuelle et ensuite universelle, la morale n’a pas de patrie, n’à que faire des intérêts du pays, du peuple, des Européens etc…, elle est du ressort de l’humain.

 

La Politique pour palier à l’égoïsme va mettre dans la Cité de la « Solidarité », non pas par bonté ou générosité, mais par intérêt, défendre ses intérêts c’est aussi défendre les intérêts d’autrui. C’est le mutualisme, l’assurance, le syndicalisme, la fiscalité qui créent du lien entre les hommes, et les citoyens. La Franc-Maçonnerie a pris sa part en sa qualité de fraternité initiatique universelle, elle vient pour partie des corporations de métiers, des sociétés mutualistes.

 

La Morale est désintéressée, individuelle mais aussi universelle, elle d’abord solitaire, ni de droite, ni de gauche, ni du centre elle est.

C’est pourquoi en mêlant  morale et politique on ne rends pas toujours service à la politique et l’on fait du  « Moralisme », c’est à dire que l’on donne des conseils de Morale à autrui, sans regarder si l’on s’applique à soi-même ces conseils. Cela fait penser aux conseils des « STARS » adressés au petit peuple ! C’est tout simplement une forme de mépris.

Certes ce sont pas les plus vertueux qui gouvernent l’État, ils sont comme nous-mêmes, ce sont au pire soit les plus forts dans une dictature, soit les plus nombreux par l’expression des urnes, c’est la Démocratie.

 

Nos « STARS » qui entre deux avions, avant de retourner dans leurs paradis fiscaux, seraient bien inspirées, de prendre le temps d’expliquer que le programme proposé par tel ou tel parti n’est pas moral !

C’est contre productif de jouer « Les Moralisateurs », en Démocratie l’on a les hommes politiques que l’on mérite.

 

Nos « STARS », nos intellectuels de droite, de gauche, du centre devraient s’allier pour convaincre nos citoyens de Voter.

Ils devraient agir, pour que la Politique  ne soit pas réduite à la morale ou à l’économie. Mais qu’elle soit véritablement ce qui permet de vivre ensemble, de redonner du sens, du véritable pouvoir aux urnes, l’espérance est dans la participation. Mettre à l’écart ou stigmatiser une partie du peuple, c’est nier la Démocratie. Il faut donc lutter pour que les citoyens votent, les respecter, et faire preuve d’une nécessaire humilité, éviter tout moralisme, envers autrui. Mais en disant cela je fais aussi preuve de moralisme. Pour conclure je vous propose ce texte de Kant.

JFG

 

 

 

L’homme est un animal qui, du moment où il vit parmi d’autres individus de son espèce, a besoin d’un maître. Car il abuse à coup sûr de sa liberté à l’égard de ses semblables ; et quoique, en tant que créature raisonnable, il souhaite une loi qui limite la liberté de tous, son penchant animal à l’égoïsme l’incite toutefois à se réserver dans toute la mesure du possible un régime d’exception pour lui-même. Il lui faut donc un maître qui batte en brèche sa volonté particulière et le force à obéir à une volonté universellement valable, grâce à laquelle chacun puisse être libre. Mais où va-t-il trouver ce maître ? Nulle part ailleurs que dans l’espèce humaine. Or ce maître, à son tour, est tout comme lui un animal qui a besoin d’un maître. De quelque façon qu’il s’y prenne, on ne voit pas comment il pourrait se procurer pour établir la justice publique un chef juste par lui-même ; soit qu’il choisisse à ce effet une personne unique, soit qu’il s’adresse à une élite de personnes triées au sein d’une société. Car chacune d’elles abusera toujours de la liberté si elle n’a personne au-dessus d’elle pour lui imposer l’autorité des lois. Or le chef suprême doit être juste par lui-même, et cependant être un homme. Cette tâche est par conséquent la plus difficile à remplir de toutes ; à vrai dire sa solution parfaite est impossible : le bois dont l’homme est fait est si noueux qu’on ne peut y tailler des poutres bien droites. La nature nous oblige à ne pas chercher autre chose qu’à nous approcher de cette idée.

 

Emmanuel Kant.

Idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique

HUMOUR

Les Grands-Parents par un enfant de 8 ans

Les grands−parents, c'est une dame et un type qui n'ont pas d'enfants eux−mêmes. Mais ils aiment beaucoup les enfants des autres.

Un grand père c'est un bonhomme, & une grand mère c'est une dame!

Les Grand parents ne font rien d'autre que nous attendre lorsque nous venons les voir.

Ils sont tellement vieux qu'ils ne peuvent pas courir ou jouer a des jeux ou on se pousse un peu. Mais c'est drôlement bien lorsqu'ils nous conduisent à des boutiques de bonbons.

Quand on va se promener avec eux ils ralentissent toujours pour nous montrer des feuilles mortes ou des chenilles.

Ils nous montrent des fleurs, nous parlent de leurs couleurs et nous demandent de ne pas marcher sur des choses qui craquent, mais ils ne disent pas, "Dépêche− toi.''

Habituellement les grand mères sont grosses mais ça ne les empêche pas de nouer nos lacets de chaussures.

Ils portent des lunettes et des sous vêtements très bizarres.

Ils peuvent enlever leurs dents avec leurs gencives.

Les grands parents n'ont pas "à bien se conduire".

On peut leur demander des questions comme « Pourquoi Dieu n'est pas marié? »ou « Pourquoi les chiens courent après les chats ? »

Lorsqu'ils nous lisent des livres, ils ne sautent pas des lignes. Et si on leur demande de nous relire la même histoire, ils ne disent rien.

Tout le monde devrait avoir une grand’mère, surtout si vous n'avez pas de télévision parce que ce sont les seuls adultes qui aiment passer du temps avec nous.

Ils savent qu'il faut que nous ayons un petit goûter. Avant d'aller nous coucher, ils disent les prières avec nous et nous embrassent même si ça a mal été.

...Et celui−la, age de 6 ans a qui on demandait ou sa grand mère vivait. ''OH, elle vit a l'aéroport, et quand on veut la voir, on va la chercher. Et lorsque la visite est finie, on la ramène a l'aéroport.''

Grand−papa c'est l'homme le plus gentil de la Terre! Il me montre des tas de trucs, mais je ne le verrai jamais assez pour devenir aussi calé que lui!

C'est drôle parce que lorsqu'ils se penchent, on entend des fuites de gaz, et ils disent que c'est le chien.

Merci à Serge pour cet envoi.

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Publié le par jean françois
ARCANE VIII Cheth ou Heth.

ARCANE VIII Cheth ou Heth.

TAROT INITIATIQUE ARCANE -VIII- LE CHARIOT

ARCANE VIII : Le Chariot = Heth ou Cheth

Symbolisme :

Dans un carré qui symbolisme le Monde d’en bas ; au centre, dans un cercle, le Microcosme, lui même au croisement du quaternaire dynamique. L’ensemble est placé entre les deux colonnes de la Connaissance des Nombres PI et PHI –Nombre d’Or –

En haut et de manière inversée, l’expression des Deux en UN, l’UNITE.

Quelques lignes sur la lettre hébraïque Cheth ou Heth correspondant au chiffre 8. Chiffre de l’équilibre et de l’universel (si l’on renverse le 8 on obtient le symbole de l’infini ). Il représente également une barrière entre intérieur et extérieur, c’est encore la culture et l’énergie féminine, la vie. Parfois représenté comme une fleur en forme de Calice on ne peut s’empêcher de penser au Lotus générateur, qui remplace aussi souvent les pommes de grenades sur les colonnes à l’entrée du temple maçonnique. Ce réservoir de vitalité qui ne demande qu’à se répandre sur la surface de la terre.

En hébreu dans la Guémétria le 8 est le nombre du service divin, par lequel l’on peut s’élever. C’est aussi le nombre de la circoncision, sacrifice expiatoire on le mettra alors en rapport avec la justice.

Sur le plan de l’Initié :

Il maîtrise la puissance des quatre éléments par la Connaissance des Nombres Irrationnels, dans l’équilibre des énergies créées par le Mouvement Perpétuel des deux Forces en Une.

Quant au profane :

Il s’agit d’un être dynamique, en équilibre moral et physique lui permettant des succès matériels et sentimentaux.

Etre de mouvement, il recherche les activités qui lui permettent de voyager dans une profession qu’il maîtrise, d’où promotions, responsabilités et gains financiers assurés.

Synthèse :

Exprime le mouvement à déclencher pour parvenir à son but. Par exemple, couplée avec le MAGICIEN, ou l’HERMITE ou le GRAND HIEROPHANTE, montre que le consultant, pour parvenir à son but, doit rechercher et accepter l’enseignement du Savoir nécessaire soit par lui-même soit, mieux encore, à travers un guide. Indique (en +) le mouvement nécessaire à la personnalité du consultant. Au contraire (en -) montre plutôt son inertie face à la vie.

L’Arcane VIII en Tarot divinatoire représente souvent la Justice ou peseuse d’âme. J’aurais l’occasion d’aborder cet Arcane plus tard.

JFG

Etiquette et Source : En Italique extraits du Livre: la Parole Perdue de José Bonifacio aux Editions Télètes.

TAROT INITIATIQUE ARCANE -VIII- LE CHARIOT
TAROT INITIATIQUE ARCANE -VIII- LE CHARIOT

FRANCS-MACONS DE LA MER.

 

ABGRALL Marcel, officier de la marine marchande, membre de la loge brestoise « Les Amis de Sully » en 1923.

 

Pour les chercheurs  les dossiers des Loges Bretonnes, ont été recopiés et sont dans le fonds Maudet aux archives départementales d’Ille et Vilaine à Rennes.

Pour les loges Brestoises « L’Heureuse rencontre et les Elus de Sully » elles sont disponibles  aux Archives départementales  du Finistère à Quimper.

 

Sources : Dictionnaire des Marins Francs-Maçons ASPOMA Editions Kronos SPM.

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Publié le par jean françois
L'Astrolabe Atlas de Voyage de La Pérouse, Hache embarquée en 1785, Perles de passades embarquées, Merle du Port aux Français tiré de l'Atlas de La Pérouse.
L'Astrolabe Atlas de Voyage de La Pérouse, Hache embarquée en 1785, Perles de passades embarquées, Merle du Port aux Français tiré de l'Atlas de La Pérouse.
L'Astrolabe Atlas de Voyage de La Pérouse, Hache embarquée en 1785, Perles de passades embarquées, Merle du Port aux Français tiré de l'Atlas de La Pérouse.
L'Astrolabe Atlas de Voyage de La Pérouse, Hache embarquée en 1785, Perles de passades embarquées, Merle du Port aux Français tiré de l'Atlas de La Pérouse.

L'Astrolabe Atlas de Voyage de La Pérouse, Hache embarquée en 1785, Perles de passades embarquées, Merle du Port aux Français tiré de l'Atlas de La Pérouse.

 – 1er Aout 1785.

 

LE VOYAGE DE LA PEROUSE : Préparatifs.

 

La Pérouse va choisir à Rochefort deux navires de transport, plus vastes et plus adaptés à son voyage que les navires de guerre, les leçons avaient été tirées des précédents en particulier du voyage de Bougainville.

Il pris possession de deux flûtes « Le Portefaix » et « L’Autruche » après  quelques travaux sur, direction Brest pour les aménagements des ponts et de l’intérieur, sur chaque navire un moulin à vent est installé, pour produire de la farine fraîche.

L’embarquement commence : cinq vaches par navire, vingt cochons, deux cent volailles etc…. Mais aussi vingt huit volumes de voyages, divers traités d’astronomie, de navigation, d’histoire naturelle, et encore des arbres et des arbustes destinés à être plantés dans les contrées lointaines.

A l’intention des indigènes : de la verroterie, des miroirs, de la porcelaine de la Compagnie des indes, des cloches, des fleurs artificielles en soie, des médailles à l’effigie de Louis XVI, du matériel de pêche en quantité , des outils de menuiserie, des briquets…..

Les bateaux étaient tellement chargés, qu’une partie de la cargaison resta à quai à Brest.

Plus difficile fût le recrutement des scientifiques à l’image du savant Monge qui souffrant du mal de mer sera débarqué à Ténériffe, des physiciens, des météorologues, des ingénieurs, des dessinateurs botaniques.

Anecdotique le sieur Guéry chargé de l’entretien des montres marines, également un ecclésiastique l’Abbé Mongès.

 

Il régnait une certaine tension entre les marins et les scientifiques à ce sujet La Pérouse  écrit :  « Ils ont écrit-il au cours du voyage au ministre Fleurieu, une si haute opinion de leurs rêveries et sont au fond si ignorants qu’à la longue tout cela est fatiguant. Ces soi- disant savants sont des êtres diaboliques qui excédent furieusement ma patience »

 

A noter la présence du jeune Barthélémy de Lesseps, fils de l’ambassadeur de France à Saint Pétersbourg en qualité d’interprète Russe, il fût bien utile quand l’expédition aborda les rivages du Kamtchatka.

 

Tout ce monde hétéroclite du apprendre à vivre, dans une grande promiscuité. Mais les conditions de vie furent acceptables, pour les 109 hommes de la Boussole et les 113 de l’Astrolabe.

A suivre…..

JFG

Sources : La Pérouse Voyage autour du Monde Editions Conti.

Le Jardin des Délices.
Le Jardin des Délices.

CONTRIBUTION.

Un nouveau contributeur du Blog, nous propose un travail qu’il a présenté dans le cadre de sa participation à une Loge de recherche, dont le thème central est la Franc-Maçonnerie Maritime. Ses travaux sont publiés par l’ ASPOMA (Association Ponantaise d’Histoire Maritime) dont est membre sa Loge. Un grand merci à notre Frère, pour son travail de qualité.

L'ordre de la Félicité

La tentation a été très forte d’intituler cet article : FM, F comme Femme et M comme Marine car l’Ordre de la Félicité permit effectivement la rencontre de ces deux mondes si longtemps séparés. Mais s’il aurait été abusif de prétendre rattacher l’Ordre de la Félicité à la Franc-maçonnerie et même d’ailleurs à la Maçonnerie d’adoption. Toutefois deux raisons permettent d’aborder ce sujet dans une revue maçonnique : d’abord l’inspiration très clairement maçonnique de l’organisation mais aussi des rituels mis en œuvre ; ensuite la similitude entre les problèmes posés à l’époque et depuis tant à la Maçonnerie qu’à l’Ordre de la Félicité.

Les textes qui traitent de notre sujet le font généralement par de brèves allusions et les auteurs se renvoient les uns aux autres; ou bien encore ce sont des écrits devenus difficiles à trouver. Dans la première catégorie peuvent se ranger Brest de la Chaussée dans son Mémoire justificatif…de 1773 puis l’incontournable Claude-Antoine Thory qui dans le volume 2 d' Acta Latomorum mentionne « l’Ordre des Félicitaires ou de la Félicité » mais aussi Clavel en 1843 dans son Histoire pittoresque de la Franc-maçonnerie, Ragon enfin en 1860 dans le « Manuel complet de la Franc-maçonnerie d’adoption » qui écrit que « l’Ordre de la Félicité, qui fut prospère dans les milieux maritimes, fut établi entre 1740 et 1750 ». Dans la seconde catégorie, plus utile évidemment, deux textes s’imposent : le premier, le « Formulaire du cérémonial en usage dans l’Ordre de la Félicité » est daté de 1745 et attribué au Frère Moët1 ; le second, du même auteur, est de 1746 « L’Antropophile ou le secret et les mystères de l’Ordre de la Félicité dévoilés ».2 Et nous faisons nôtre les mots de Jean-Pierre Moët qui écrit, parlant dans ce second ouvrage du premier : « Je ne me ferai point une honte de prendre tout ce qui me sera nécessaire et qui sera vrai pour remplir mon dessein. J’en avertis le public : je ne suis donc que copiste et non pas plagiaire », au moins s’entend pour la partie descriptive de l’ordre de la Félicité qui fait l’objet de notre première partie.

Origine et description de l’Ordre de la Félicité.

  1. 1- Sa création

Dès avant la disparition de louis XIV des groupes s’organisent dont le but est d’échapper aux pesanteurs d’une société de fin de règne, figée dans la bigoterie et assombrie par les déboires militaires. Le monde change et les Lumières diffusent les idées de liberté et d’un bonheur accessible ici et maintenant.

En 1690 apparaît l’Ordre de la Méduse3 qui inspirera l’Ordre de la Félicité. Le fondateur est le marquis de La Vibraye, officier de la marine royale en poste à Marseille mais la société connaîtra son plein développement à partir de 1693 sous l’autorité de Girardin de Vauvray, intendant de la Marine à Toulon. L’objectif de l’Ordre mixte est de permettre à des officiers au retour de longues navigations de reprendre rapidement pied dans le monde des dîners, soirées et festivités de toute nature, monde non sans danger ni piège : la Méduse après tout était une des Gorgones dont la splendide chevelure avait été transformée en serpents par Minerve jalouse et dont les regards transformaient en pierre tout ce sur quoi ils se posaient !

En 1738 c’est à Rouen que se crée un Ordre des Chevaliers Rameurs et Dames Rameuses dont il faut noter que les Rameurs doivent être Maçons4 et Bernard Faÿ5 donne d’autres exemples de ces sociétés bachiques dont les références à la Marine sont fréquentes. Les années 1740 sont propices à ces créations dans la mesure où en Maçonnerie les femmes perdaient un peu de leur rôle de « protectrice » des Loges : ces sociétés constituaient peut-être pour une part une alternative.

Quoi qu’il en soit il n’est pas surprenant qu’apparaisse en 1742 l'Ordre de la Félicité6. Le fondateur ou l’un des fondateurs pour ce que nous en savons est Scipion-Louis de la Garde de Chambonas mais le véritable animateur sera son fils Victor-Louis Armoiries des Chambonas

de Chambonas (1750-1830). La famille Chambonas était une très ancienne famille d’Auvergne et du Gévaudan. Victor-Louis adhéra d’abord aux idées de la révolution, fut un temps en 1792 ministre des affaires étrangères de Louis XVI puis émigra. Revenu à la Restauration il terminera sa vie dans la plus grande gène.7

En fait Victor-Louis, qui était maçon, alternera en qualité de Grand Maître de l’Ordre avec le Duc de Bouillon, ce dernier étant sans doute plutôt le « parrain » selon A. Kervella. Car toutes les patentes émises n’attribuent le titre de grand Maître qu’à Chambonas. Mais le lien entre les deux animateurs était étroit

Portrait présumé de Scipion Louis Joseph de la Garde, marquis de Chambonas, maréchal de France,

en costume de chasseur à l’antique, 1724, par Jean Marie Nattier

d’autant que Chambonas résidait chez Bouillon.8 Pour les fondateurs il ne s’agit pas de plagier la Franc-maçonnerie et « la chevalerie de la Félicité ne date pas du temple de Salomon ni du siècle des croisades ». Certes non, puisqu’elle a été instituée dans le jardin d'Éden précise l’Antropophile ! Pour autant tous les membres masculins sont maçons et toutes les femmes chevalières épouses ou maîtresses de Francs-Maçons.

Quel est l’objectif de l’Ordre ? Selon le grand Larousse la félicité est un grand bonheur, un vif contentement intérieur, la joie, la béatitude. Ce sont bien les objets de l’ordre qui propose à ses membres de voguer vers l’ile de la Félicité dans l’allégresse et la joie par le libertinage et l’union. C’est une société d’Amitié : « l’union et l’ardeur à saisir l’occasion de rendre service est sans contredit le but principal de la Félicité » Et il ne faut pas se tromper, il n’est pas question de débauche ni d’intempérance mais d’aimables rencontres entre gens prompts à plaisanter, amateurs de bons mots et de bons repas et se soumettant à un rituel codé ; c’est en tous cas ainsi qu’un des membres, Bertin de Rocheret, présente les choses dans son abondante correspondance. La lecture du rituel montre cependant un usage assez systématique d'expressions équivoques (mais il est vrai qu’aux purs tout est pur.)

2- Son organisation.

Pour ne pas alourdir nos développements nous ne ferons pas systématiquement le rapprochement entre la Maçonnerie et l’Ordre ; d’ailleurs le lecteur n’aura aucune peine à l’établir !

a) Les structures

Comme tous les Ordres la Félicité est une organisation hiérarchisée, dirigée par un Grand Maître, assisté d’un Vice-amiral. Le Grand maître est seul habilité à signer les patentes qui permettent d’ouvrir une Escadre Ce que les maçons appellent loge nous l’appelons escadre » précise l’Antropophile) qui se réunira dans la Rade de telle ou telle ville. Encore faut-il avoir réuni cinq membres au moins pour prétendre à former une escadre.

Chaque escadre a sa propre hiérarchie : à la tête le Chef d’escadre, secondé par un Commissaire (ou paquebot) dont la mission est de prendre en charge et de poursuivre les plaintes dont il serait saisi au sein de l’escadre. Existe encore un Grand Sondeur qui doit rapporter toutes les informations parvenues depuis la réunion de la dernière escale9. Enfin un Inspecteur veille à ce que tout soit en ordre et conforme aux usages. A ce titre, il peut d’ailleurs infliger des amendes aux membres qui par exemple ne porteraient pas leurs décors selon les règles.

L’Antropophile ne mentionne pas ces diverses fonctions au niveau central de l’ordre mais il est probable que, pour des raisons pratiques, elles devaient exister puisque les escadres se sont assez rapidement multipliées : plusieurs à Paris mais aussi à Bordeaux, Avignon, Nice, Chalons sur Marne, Epernay et André Kervella cite également des escadres dans « plusieurs régiments qui n’évoluent que sur la terre ferme » : le Régiment de Condé, le régiment de gendarmerie de Berry. André Doré signale des escadres en Angleterre et jusqu’en Amérique.

L’ensemble des officiers d’une escadre constitue le Tabernacle10 ce qui confirmerait qu’une même organisation hiérarchique existait au plan central car le Vice-amiral portait le titre de Chef du Tabernacle. Mais à cette hiérarchie fonctionnelle s’ajoutait une graduation de nature initiatique en quatre degrés : mousse, patron, patron salé, chef d’escadre.

b) Les usages et décors

Les Chevaliers de l’Ordre portent l’épée mais rien n’est précisé sur ce sujet à propos des chevalières. Tous sont placés sur deux colonnes parallèles, à une extrémité de la salle trône le Chef d’escadre, assis et tête couverte, épée à la main. A l’autre extrémité le Chérubin, généralement le mousse le plus récemment reçu, se tient devant la porte, épée à la main. Sur les colonnes Chevaliers et Chevalières prennent place selon leurs fonctions, grades et leur ancienneté, les plus anciens dans le grade et la fonction la plus élevée au plus près du Chef d’Escadre. Tous se tiennent debout jusqu’à ordre contraire du Chef d’escadre, nue tête et les bras croisés sur la poitrine (signe du berger ?)

Les visiteurs sont contrôlés ; ils s’annoncent en frappant deux coups et le Chérubin répond de même et avertit le Chef d’escadre qui ordonne de questionner les arrivants sur l’escale à laquelle ils appartiennent. Ils doivent aussi transmettre les « mots » de leur grade – nous y reviendrons – et donner l’attouchement de reconnaissance au Chérubin qui consiste, les deux parties s’étant pris la main droite à se « chatouiller légèrement du bout du doigt du milieu » le milieu de la main …

Pour l’essentiel les travaux concernent la réception de nouveaux membres et les changements de grade, dont nous allons naturellement traiter, mais chaque réunion prévoit d’entendre les rapports des officiers : du Commissaire si des plaintes sont en cours d’examen, du Grand Sondeur sur les nouvelles qui concerneraient la Rade, de l’Inspecteur pour tout ce qui a trait au bon ordre dans l’escale. Peuvent aussi prendre la parole les Chevaliers et Chevalières qui auraient des informations utiles à porter à la connaissance de l’escadre et surtout des candidats à proposer.

Chacun doit arborer à la boutonnière l’insigne de l’Ordre qui est constitué d’un nombre variable de « câbles » vert uni ou vert et or et d’une ancre de couleur différente selon le rang. Le Mousse porte un câble, le patron deux, le Commissaire ou Paquebot quatre comme le Chef d’escadre, le Vice-amiral cinq, le Grand Maître six ! rien sur le patron-salé : on peut imaginer en bonne logique qu’il a trois câbles (?) et pour les membres du tabernacle ces câbles sont vert et or, tout d’argent pour le Vice-amiral, tout d’or pour le Grand Maître, vert uni pour tous les autres. Les ancres sont d’or pour tous les Chevaliers et Chevalières et les officiers et d’argent pour les Commissaires…..

Il y a bien sûr un signe qui est utilisé « en escadre » et différent de ceux liés aux cérémonies, ce signe permet de s’adresser aux autres membres et de manifester son avis en réponse à des questions du Chef d’escadre. On l’appelle « le coup de rame » : il consiste à projeter sa main droite en avant puis à la ramener et à l’appuyer sur l’estomac et à la renvoyer « un pied devant en formant un demi-cercle dont le convexe est en dessus ». Ce signe doit être utilisé pour saluer un membre auquel on souhaite s’adresser mais bien sur en respectant le protocole : pour un mousse, un coup de rame, pour un patron (et un patron salé ?) deux coups de rame, trois pour le chef d’escadre et quatre mais avec les deux bras pour le Grand Maître. Et l’Antropophile précise que le nombre n’est pas limité lorsqu’il s’agit de saluer une Dame ! Nous trouverons d’autres exemples de galanterie mais s’agissant d’un Ordre mixte et voué à faire le bonheur de ses membres, la Félicité a posé quelques règles pour éviter les débordements. Ainsi pour éviter les jalousies entre Chevalières – les jalousies qu’une jolie Chevalière pourraient exciter parmi ses consœurs dit l’Antropophile – les dames doivent paraître en escale « avec autant de décence que les dévotes dans l’église. Elles y sont non seulement couvertes mais elles y sont embéguinées. »11

Etait également considéré comme une faute capitale le fait de médire, par écrit ou oralement d’un membre de l’Ordre : cette faute valait exclusion. Par ailleurs la Chevalière qui, aimée d’un Chevalier, aurait aussi « quelque liaison » avec un profane commettrait une grave faute. (Mais rien n’indique que l’inverse soit prévu !). L’examen des serments nous fournira d’autres exemples de ces mesures prises pour une cohabitation sereine des deux sexes.

c) Le langage

L’ordre de la Félicité va au-delà de l’usage de quelques termes de marine et les membres sont très clairement jugés en fonction de leur facilité à employer la langue particulière de la société. Pour ne pas alourdir ce travail nous avons choisi de citer quelques expressions en annexe, sachant que l’Antropophile comporte deux dictionnaires : « le dictionnaire par ordre alphabétique des termes de marine en usage dans l’Ordre de la Félicité », de 19 pages, et le « dictionnaire alphabétique des explications des termes de marine en usage dans l’Ordre de la Félicité » de 15 pages, soit au total 34 pages consacrées au seul langage sur un livre de 108 pages. Ce sont des phrases entières qui sont exprimées grâce à ce langage. Ainsi lorsqu’on lit « je suis accordé au vaisseau royal » il faut comprendre « j’ai l’approbation du Roi » ; de même « j’ai prêté le coté à un tel vaisseau mais au lieu de venir à l’abordage il a filé du câble » signifie que « j’ai proposé un duel à monsieur X. mais il a refusé et fait le blanc bec ».

d) Les travaux de banquet

Puisque notre Ordre se voue au bonheur de ses membres la table tient tout naturellement une place importante dans les travaux. Mais attention une fois encore l’Antropophile affirme que « l’Ordre de la Félicité ne peut-être un Ordre de la bouteille et de débauche ; du moins dans les escadres bien réglées ce ridicule ne s’y est pas glissé » et c’est donc un véritable rituel de banquet qui est mis en place.

D’abord il s’agit d'user d’un vocabulaire particulier ; par exemple la bouteille est une « dame-jeanne », la carafe une « jarre ». Il y a aussi une manière de se porter mutuellement des santés, soit le verre en main, soit, s’il s’agit d’un Chevalier qui souhaite saluer une Sœur, par un jeu de chapeau.

Les membres sont disposés autour de la table selon leur rang, dignité et ancienneté et, parce qu’il s’agit d’un banquet fraternel, frères et sœurs sont réunis « à dépenses égales ». Nous n’en savons pas plus sur ces festivités qui sont pourtant supposées être la raison d’être de l’Ordre. Alors que, nous allons le voir, les cérémonies sont largement et précisément développées.

  1. 3- Les cérémonies et la transmission des secrets de l’Ordre

Comme toute institution l’Ordre de la Félicité a pour première préoccupation de se perpétuer puis elle assurera la progression de ses membres auxquels elle confiera les secrets propres à leurs grades et dignités.

a) La réception et les secrets du Mousse

Il est ici bien difficile pour un initié de ne pas faire le rapprochement avec ce qu’il a vécu. Quelles sont les conditions à remplir pour solliciter l’entrée dans l’Ordre ? Il faut « l’agrément de l’esprit, la douceur de caractère et des talents pour le service de la mer ». Il faut surtout qu’un Patron ait décidé d’être le « répondant » du candidat, ce qui n’est pas une mince responsabilité car

Une frégate quoique neuve

N’est pas souvent propre à naviguer

Il n’est point sur de naviguer

Si on ne l’a mise à l’épreuve

On aura compris que « frégate » est le nom donné au candidat (et désigne aussi une jeune femme). La frégate ayant confirmé sa volonté d’entrer dans le Jardin d'Éden, le Maître de Cérémonie, lui ayant enlevé chapeau et épée, l’introduira (en frappant 2 fois à la porte et après réponse identique du Chérubin) dans l’escadre dont le Chef le soumettra à une longue séance de questions à propos de ses « navigations précédentes » - son CV. en fait - les raisons de sa candidature et autres questions propres à révéler son caractère. Puis la frégate est placée sur le coté nord de l’escadre et l’assemblée récite l’oraison à Saint Nicolas, patron de l’Ordre (cf. annexe). Le Patron « répondant » est alors invité à soutenir la candidature qu’il a présentée. L’assemblée, si elle approuve le discours donnera un coup de rame d’approbation.

S’ouvre alors le scrutin, après que la frégate ait vérifié que l’urne était bien vide. Le vote se fait par boules blanches et noires et le Chérubin, la frégate à ses cotés, fait entrer un par un les votants dans l’escadre après qu’ils se soient chacun muni de la boule à leur convenance sur les parvis. C’est la frégate elle-même qui ouvre l’urne : une seule boule noire est voilà sa candidature renvoyée à une autre escadre et si par malheur cette situation devait se répéter deux fois encore le rejet serait définitif. Mais si le vote est positif toute l’assemblée applaudit et embrasse le nouvel admis qui doit maintenant prêter serment, être reçu puis découvrir les secrets de son grade.

La réception peut prendre deux formes : si le candidat est un homme il prend son obligation agenouillé devant le Chef d’escadre assis sur son trône, main droite de l’un dans la gauche de l’autre. Si c’est une candidate c’est elle qui est assise et le Chef d’escadre à ses genoux. Dans les deux cas les candidats sont avertis que le serment à faire « n’a rien de contraire à la Religion, l’Honneur et l'État »

Le texte du serment présente une variante selon le sexe du candidat :

Pour devenir Chevalier on dira en effet « Je fais serment et promets d’honneur de ne jamais révéler sous quelque prétexte et en quelque manière que ce puisse être aucun des secrets qui me seront confiés ni rien de ce qui se passe dans l’escadre et je consens si je manque à ma parole d’être regardé par mes Frères et Sœurs comme un homme déshonoré et méprisable. »

L’engagement de la future Chevalière s’exprimera ainsi : « Je fais serment et proteste devant vous mes Frères et Sœurs qui me confiez sans réserve vos mystères, de ne jamais révéler sous quelque prétexte et de quelque manière que ce puisse être aucun des secrets qui me seront confiés ni rien de ce qui se passe dans l’escadre et je consens si je trahis ma parole d’être livrée à la fureur des plus terribles matelots » (sic !)

Ces engagements pris, le récipiendaire est adoubé d’un coup du plat de l’épée sur l’épaule par le Chef d’escadre qui y ajoute une accolade et lui remet le bijou de l’Ordre (que nous avons présenté plus haut) en disant « Puisse votre ancre ne jamais dévier ; puisse Saint Nicolas vous conduire toujours droit au port ». Viennent ensuite les recommandations d’usage sur la fidélité à l’Ordre, l’obéissance due au grand Maître, mais aussi des consignes plus spécifiques : pour le Chevalier, « de ne jamais entreprendre le mouillage dans un port où il y aura actuellement un vaisseau de l’ordre à l’ancre » et pour la Chevalière « de ne point recevoir de vaisseau étranger dans leur port tant qu’il y aura un vaisseau de l’Ordre à l’ancre »…Au moins à l’occasion d’une réception les consignes concernent-elles hommes et femmes !

Bien «évidemment toute la cérémonie qu’il serait trop lourd de développer intégralement est ponctuée de « coups de rame » qui manifestent la liesse de l’assemblée.

Il est temps pour le nouveau Mousse de se voir communiquer les secrets de l’Ordre qui consiste en un signe et deux mots. Le signe est ici clairement un signe de reconnaissance puisqu’il exige une demande et une réponse : le demandeur porte sa main droite au bout de son oreille droite ; la réponse est donnée en disposant son bras droit tendu le long de la cuisse droite. A propos du mot il est intéressant de retenir le système mis en œuvre car il est utilisé pour les différents grades et fonctions : on donne un ou deux mots dont chaque lettre constitue l’initiale d’un mot ; aux divers grades et fonctions chacun est tenu de pouvoir fournir les mots eux-mêmes mais aussi les « mots secondaires » induits par les premiers.

L’exemple au grade de mousse permettra de saisir le fonctionnement du système avec cette remarque qu’à ce grade il y a en quelque sorte un système à double détente… Les deux mots de référence sont « vaisseau » et « frégate » mais l’un et l’autre portant un nom : « chalom » pour le vaisseau, « leka » pour la frégate et c’est à ce niveau que se fait le jeu des renvois à partir des lettres initiales. Ici et puisque le Mousse intègre un navire il a paru convenable qu’il connaisse les bois utilisés, au moins selon l’Ordre de la Félicité, dans la construction navale ; ainsi avons- nous

VAISSEAU

chalom

FREGATE

leka

C

cèdre

L

liège

H

hêtre

E

érable

A

amandier

K

kermès

L

laurier

A

abricotier

O

oranger

M

mûrier

Un Mousse est supposé pouvoir répondre « laurier » si il lui demandé la 4° planche du vaisseau ou « érable » à une question sur la deuxième planche de la frégate. Sans doute, lors de sa première escadre les Chevaliers ont-ils l’indulgence de ne demander que les noms du vaisseau et de la frégate, car le récipiendaire doit se faire reconnaître par chaque membre de l’escadre par le signe et les mots qui lui ont été communiqués.

b) Patron, Patron salé, Chef d’escadre et Vice-amiral

Pour ne pas fatiguer le lecteur nous essaierons d’être aussi concis que possible ne gardant de chaque cérémonie que la substantifique moelle …

  • Le patron :

Le passage au grade de Patron débute par un interrogatoire poussé du candidat qui doit démontrer sa parfaite connaissance du grade de Mousse ; tous les assistants, évidemment au moins Patron, forment une chaîne en entrelaçant leurs bras les uns aux autres dans le dos puis ils assaillent de questions le malheureux candidat seul au centre. Lorsque l’assemblée est satisfaite le candidat jure de ne rien révéler des secrets qui vont lui être confiés et les ayant reçus il intègre la chaîne. Ces secrets sont un signe et un mot. Le signe exige d’être deux : l’un se frotte le sourcil droit avec l’index de la main droite, l’autre répond en se frottant le dessous du nez avec l’index de sa main droite.

Le mot est FELICITAS qui se décompose en 9 noms des fleurs qui sans conteste ornent le Jardin d'Éden ; suivant la méthode découverte au grade de Mousse nous avons donc :

F

flambes

E

eillet (pour œillet aujourd’hui)

L

lis

I

jonquilles (i =j)

C

coquelicot

I

jasmin

T

tubercule

A

amarante

S

soucis

Félicitas est en fait un terme auquel l’Ordre donne le sens de Jardin d'Éden et alors que le Mousse se devait de découvrir l’Ordre, être Patron signifie être reconnu comme ayant les « qualités nécessaires » à la « nautique spirituelle » et donc à la navigation vers le Jardin d'Éden.

  • Le Patron salé

Ce grade n’est pas pratiqué par toutes les escadres et nous aurons à reparler de ce phénomène ; à ce moment de notre développement retenons qu’il y a bien une cérémonie. Le candidat pénètre dans l’escadre ( où bien sûr ne sont que des Patrons salés), chapeau sur la tête et épée nue dans la main gauche et se dirige, seul, vers le Chef d’Escadre devant qui il prononce son serment : « Je jure devant vous mes Frères d’être le vengeur des fautes et des crimes commis dans cet Ordre que je respecte, de parcourir les mers qui doivent nous être commises en garde, de punir les Frères et les Sœurs que j’y trouverai en erreur volontaire. Que je sois puni moi-même et privé de l’espoir flatteur d’entrer dans notre auguste tabernacle si j’use de condescendance et de faveur pour les coupables ». Etrange texte qui paraît mieux adapté à la fonction de juge qu’à l’état de frère… Ces mots prononcés, le Frère se place au centre de la chaîne formée par les Patrons salés (sur le modèle déjà rencontré) puis passe devant chacun en une sorte de « revue », ensuite tous saisissent leur épée et font mine d’en menacer le récipiendaire. C’est à ce moment que depuis son trône, le Chef d’escadre communique à haute voix le signe et le mot du grade. Puis tout le monde embrasse le nouveau Patron salé

Là encore il faut être deux pour faire le signe : l’un met les deux mains dans les basques de son habit, l’autre répond en ouvrant la bouche à demi et en remuant un moment la langue sur les lèvres tout en fixant celui auquel il répond !! Il est évident que le signe est assez équivoque et pas de la plus grande délicatesse aussi est-il convenu que s’adressant à une Chevalière il sera bienséant de supprimer le jeu de langue.

Le mot n’est pas moins sujet à suspicion de mauvais goût, du moins dans sa version originale. Selon la technique maintenant bien éprouvée il s’agit de décomposer le mot FOUDRE, soit

F

fenouil

O

orange

U

violette (u=v)

D

damasine

R

renoncule

E

épine vinette

Mais l'auteur de l’Antropophile précise avoir changé le nom de la quatrième fleur qui « doit être du Thym. Comme son odeur n’est pas du goût de tout le monde j’ai cru devoir la supprimer et en substituer une autre à la place ; ceux qui ne craignent point les odeurs trop fortes peuvent l’y remettre, alors ils verront le Jardin et le mot dans toute sa régularité » ;

- Le Chef d’escadre et le Vice-amiral

Nous ne distinguons pas ces deux grades qui sont aussi des fonctions car les sources et particulièrement l’Antropophile considèrent que seule l'accession au rang de Chef d'escadre fait l'objet d'une cérémonie et comporte la transmission de mots; une seule source, en outre anonyme, associe le second mot à la fonction de Vice-amiral, ce qui nous incite à plutôt suivre l'Antrophile dont l'auteur affirme son appartenance à l'Ordre.

La cérémonie est la même que celle du grade de Patron salé mais il n'y a pas de signe; en revanche deux mots sont transmis qui sont ensuite déroulés à deux niveaux différents. Les mots sont d'abord détaillés comme suit:

Dieux

MASEL

Déesses

EROUACH

M

Mars

E

Erigone

A

Amour

R

Rhéa

S

Saturne

O

Orithie

E

Eole

U

Uranie

L

Lares

A

Astrée

C

Calliope

H

Hébé

Cinq Dieux et sept Déesses dont le Chef d'escadre pourra s'inspirer pour que « ses idées soient sublimes et que le ciel soit l'objet de ses vues » et d'autant plus aisément que ces Dieux et ces Déesses ont des attributs qui sans doute seront mis à la disposition du Chef d'escadre en cas de nécessité:

Mars

le javelot

Erigone

une grappe de raisin

Amour

le carquois

Rhéa

le globe terrestre

Saturne

la faux

Orithie

borée (le vent du nord)

Eole

les nuages

Uranie

une étoile

Lares

le foyer

Astrée

des balances

Calliope

une trompette

Hébé

une coupe

Remarquons que ces attributs se partagent au regard de leur possible symbolisme entre la navigation, l'éros et l'agapé ce qui est bien en rapport avec les fondements de l'Ordre. Par ailleurs sachant que lors de visites aux autres escadres la qualité de chacun était vérifié par les mots (et signes) correspondant à son rang. On imagine le travail de mémoire à réaliser qui finalement paraît assez loin de ce qu'on peut attendre d’une société à visée récréative.

Commentaires et réflexions à propos de l'Ordre de la Félicité

La description étant faite, au moins pour l'essentiel, il est possible de s'essayer à quelques commentaires à propos de la Félicité. Cette seconde partie paraîtra poser plus de questions qu'elle apportera de réponses; mais après tout il n'y a rien d'anormal à cela puisque la vocation de celui qui écrit est d'éveiller chez celui qui lit la volonté d'apporter ses propres réponses aux questions posées.

  1. L'Ordre de la Félicité est-il maçonnique et/ou maritime ?

A ce propos il faut tout d'abord écarter les confusions possibles car d'autres institutions ont porté ce même nom qui, elles, étaient maçonniques ou paramaçonniques. C'est ainsi que dans sa cinquième réunion le 10 avril 1782, la Chambre des grades du Grand Orient de France entend la lecture par Roêttiers de Montaleau de plusieurs rituels dont celui de « Chevalier de l'Ancre»12 qui vraisemblablement est le même que celui qui figure dans la collection Kloss, entre le grade de Chevalier du Lion et de Chevalier Kados (sic) et dont le tableau de loge représente une ancre sur un coussin.13 De même il a existé une maçonnerie d'adoption qui a porté ce titre et dont le tuileur des trois grades symboliques est disponible sur le web.14 Mais à aucun moment l'Ordre de la Félicité n'a prétendu relever de la Franc-maçonnerie, pas même au titre de la para-maçonnerie ou « fringe masonery » c'est à dire de la Maçonnerie « à la lisière » comme disent les anglais. Au contraire l'Ordre a tenu à proclamer sa spécificité comme en témoigne ce quatrain:

Rival de la Maçonnerie

Notre Ordre est d'autant respecté.

Il a de plus, la nouveauté

Et des Dames la compagnie.

Il est vrai qu'à ses débuts, avant que le symbolisme ne s'y développe et n'en fasse une voie initiatique, la Franc-maçonnerie fut une société d'entre-aide et de secours15 dont d'ailleurs un des bénéficiaires sera le premier Grand Maître, Anthony Sayer car les pères fondateurs étaient d'origine sociale très modeste.

L'inspiration de l'Ordre de la Félicité est très différente. D'abord par ses sources: il semble que l'idée première ait été tirée d'un ouvrage paru en 1670 et très en vogue: Le comte de Gabalis ou entretien sur les sciences secrètes de l'abbé de Montfaucon de Villars. Cet abbé mondain sous prétexte de dévoiler les secrets de la cabale et des roses+croix développe des thèmes équivoques et libertins qui sont autant d'attaques contre les dogmes de l'église, ce qui ne fait pas pour autant de celle-ci la responsable de l'assassinat de notre abbé en 1673 sur la route de Lyon. Ensuite le recrutement de l'Ordre est d'entrée orienté vers le meilleur monde : selon Brest de la Chaussée dans son « mémoire justificatif... », cette société « était composée de beaucoup de seigneurs et de dames distinguées et elle était au dessus de tous les reproches ».

Il suffit pour s'en convaincre d'examiner un peu plus avant la position sociale des quelques membres connus avec certitude. Nous avons déjà rencontré le fondateur, Scipion-Louis Joseph de la garde de Chambonas : il était maréchal de camp. Son fils qui développa l'Ordre, Victor-Louis Scipion, philosophe et politique, ministre de Louis XVI, fut promu marquis par Louis XVIII, ce qui ne l'empêcha pas de mourir dans la misère. L'homme fort de l'Ordre paraît bien avoir été pour la période qui nous intéresse Charles-Godefroy de la Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne, duc de Bouillon et de Château-Thierry, qui ajoutait à la gestion de son duché souverain de Bouillon16 la fonction de Grand Chambellan de France, jusqu'en 1747.

En ce qui concerne les personnages de moindre envergure nous avons rencontré Jean-Pierre Moët, fils de libraire et propriétaire d'un théâtre, journaliste, publiciste et traducteur (outre sa langue et le latin, il pratiquait l'anglais et l'espagnol.) Nous avons aussi signalé l'abondante correspondance de Bertin de Rocheret, président de l'élection de Champagne, lieutenant criminel du bailliage d'Épernay et producteur de champagne.

Une société dont les membres, au moins à l'époque concernée ici, n'avaient sans doute pas besoin d'en appeler à l'aide et assistance de confrères et consœurs mais pouvaient se vouer à la navigation vers la Félicité.

Pour autant il faut remarquer que tous les noms cités sont ceux de francs-maçons, dont certains occupèrent des fonctions importantes dans l'organisation maçonnique d'alors, notamment Jean-Pierre Moët. Pour autant il n'est nulle part mentionné une obligation d'être maçon pour accéder à la chevalerie de la Félicité. Par ailleurs, la pratique de l'Ordre – on pourrait parler des rituels – tout comme l'organisation, s'inspirent indubitablement de la Franc-maçonnerie (encore que, en ce qui concerne l'organisation, les Ordres de toute nature présentent peu ou prou des caractères identiques). C'est donc bien la nature des buts poursuivis par l'une et par l'autre de ces institutions qui les différencie irrémédiablement: la Franc-maçonnerie est une société d'entre-aide que son évolution sociale orientera vers la quête initiatique; l'Ordre de la Félicité est une association mixte qui se voue au bonheur de ses membres ici et maintenant.

Il faut encore se poser la question du choix d'un langage emprunté au monde de la mer. Aucun des noms que nous avons cités n'est celui d'un homme de mer, contrairement à l'Ordre de la Méduse dont les fondateurs, qui assumaient des fonctions liées à la Marine royale, entendaient faciliter la sociabilité des marins revenus au port. A l'époque où un Chambonas fut capitaine de vaisseau, la Félicité était par le fond depuis longtemps. Sans doute l'emprunt d'un langage « maritime » entend-t-il traduire l'idée de voyage c'est à dire d'un « ailleurs » vers lequel se diriger pour trouver le bonheur qui se fonde sur la liberté; en réalité on ne peut ici parler de symbolisme mais d'une mise en mots des idées qui courraient alors les salons: liberté de chacun, expérimentation, recherche d'un bonheur débarrassé des règles et des interdits. En fait nous sommes en présence d'une mise en œuvre des apports des Lumières, mais une mise en œuvre qui dévoie l'esprit nouveau et le ramène à la part la moins élevé de l'individu.

Mais comme monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, les fondateurs de l'Ordre ont peut-être fait du symbolisme sans le vouloir.

  1. Le symbolisme de l'Ordre de la Félicité

Le choix d'un langage propre à la marine ne nous a pas paru devoir être considéré comme relevant du symbolisme mais de l'allégorie et de l'usage d'un code: lorsque nos marins codent un message ils ne font pas de symbolisme mais mettent un signe ou un mot à la place d'un autre pour dissimuler une information à des tiers; l'usage d'un code est le contraire du symbolisme: le code cache, le symbole révèle. Il est cependant deux symboles employés et clairement visibles dans le rituel de la Félicité: ce sont le câble et l'ancre qui constituent ce qu'ailleurs on appellerait le « bijou » ou la « médaille » de l'Ordre et dont le symbolisme mérite quelques développements.

Nous commencerons par le câble qui à dire vrai a assez peu suscité l'intérêt des spécialistes: aucune mention ni dans l'Encyclopédie des Symboles ni dans celle de la Franc-maçonnerie ouvrage collectif pourtant très riche.17 Rien non plus dans le Dictionnaire des symboles de Chevalier et Gheerbrand18. De plus la Maçonnerie anglo-saxonne qui use de ce symbole dans certains grades est particulièrement avare de commentaires explicatifs. Restent cependant des idées simples qui s'imposent: le câble est évidemment un lien qui en reliant les parties entre elles forment un ensemble, le cas échéant une entité nouvelle. A ce titre on songe à la chaîne d'union dont la solidité exige bien qu'un lien fort lie les membres. La chaîne d'union fait naturellement penser à un autre câble: la houppe dentelée, la encore un lien mais qui reste ouvert à ses extrémités pour permettre à la fois l'accueil de nouveaux venus et le retour au monde profane19. Le câble dont la résistance est une caractéristique symbolise d'autant mieux l'union qu'il est constitué de multiples fils tressés ensemble comme la loge est faite des Frères et Sœurs. Résistant il peut figurer ce qui sauve. Mais comme tous les symboles ont un double visage il peut aussi être ce qui retient, empêche d'avancer...

En revanche l'ancre a inspiré de très nombreuses réflexions. Il est vrai qu'elle a une histoire beaucoup plus fournie: elle figure déjà sur plusieurs médaillons des rois de Syrie et rappelait que la dynastie séleucide se voulait issue d'Apollon et de Laodicée, le premier ayant remis à la seconde un anneau gravé d'une ancre. L'ancre devint ensuite le symbole des victoires navales, attribuées bien sur à l'intervention du divin ancêtre. Les chrétiens firent ensuite de l'ancre un symbole de leur communauté ce qui ne surprendra pas puisque le Christ est un « pécheur d'hommes »20. Clément d'Alexandrie dans son ouvrage « Le pédagogue pour les catéchumènes » précise que « les signes qui doivent distinguer les chrétiens sont une colombe, un poisson, une nacelle portée à pleine voile vers le ciel [une arche sans doute…] et l'ancre marine » ; des symboles familiers !

L'ancre est également présente dans la quête du Graal telle que décrite par Wolfram von Eschenbach dans Parzifal : Au retour de son premier voyage en Orient on découvre que Gamorel l'Angevin a changé les armes figurant sur son écu et qu'à la panthère traditionnelle de sa famille il a substitué l'ancre.

Les alchimistes qui opèrent en suivant « la voie humide » feront aussi mention de l'ancre.

Une ordonnance royale de 1772 fait apparaître l'ancre sur les uniformes des troupes de marine dont on sait que la vocation est d'intervenir souvent très loin, dans les grands espaces d'abord maritimes puis de toute nature y compris les déserts et les jungles21.

En Franc-maçonnerie l'ancre de marine figure sur les tableaux de loge des rites anglo-saxons et bien sûr dans les loges liées à l'association ASPOMA. Mais elle est aussi un des matériels nécessaires au bon déroulement des cérémonies d'une loge de Nautoniers de l'Arche Royale: à l'ouverture des travaux à la pierre de porphyre (qui à ce degré remplace la Bible non encore écrite à l'époque du déluge) est associée l'ancre de marine car « c'est avec cette pierre comme ancre d'espoir que Noé amarra son arche quand celle-ci s'échoua sur le mont Ararat »22 (15)

Très clairement et de temps immémoriaux comme l'attestent les exemples précédents le symbolisme de l'ancre a trait à la stabilité, la fermeté et l'espérance. La stabilité ressort bien dans le processus alchimique: le passage d'un état à un autre n'est pas sans risque et s’il est prématuré et mal conduit, il peut provoquer la destruction du contenant et du contenu. Il faut donc fixer les éléments selon les prescriptions pour éviter les accidents. L'ancre figure cet impératif en même temps d'ailleurs que, par sa forme, il peut représenter le vase où se déroule l'opération. C'est d'ailleurs cette représentation de la coupe qui est mise en valeur dans la quête du Graal : l'ancre est considérée comme l'image de la nef, de la barque de la vie or, cette nef ou barque de la vie est le Graal, le Saint Vase, qui est éternité et l'ancre, par ses caractéristiques de solidité et de stabilité symbolise cette éternité et cette intangibilité.

Ces caractéristiques sont évidemment « apaisantes » pour le cherchant et l'ancre sera donc aussi un symbole de la confiance: la chose mais aussi l'être sur lequel on peut s'appuyer, compter dans les moments de gros temps. Et s'il est un point d'appui possible, l'espérance demeure: c'est un des symbolismes les plus reconnus (nous allions écrire « ancré ») de l'ancre de marine. Particulièrement chez l'apôtre Paul pour qui l'être humain vit dans un monde instable, à la dérive et passager: l'ancre est à la fois ancre de miséricorde qui nous évite d'être emporté par la tempête ici-bas et ancre d'espérance qui nous lie au monde à venir.

Il apparaît qu'il y a entre le câble et l'ancre une vraie complémentarité symbolique qui ne doit pas étonner puisque dans la réalité l'ancre ne peut remplir sa mission que parce que le câble fait le lien entre ce qui fixe et ce qui doit être fixé.

Nous avons relevé enfin le langage volontiers équivoque des textes des rituels de la Félicité. Remarquons, sans insister, que l'ancre est décrite comme se composant « d'une verge ayant à son extrémité un organeau, à l'autre deux pattes armées de becs, le tout suspendu à une forte chaîne (et primitivement sans doute à un câble) à jeter au fond de l'eau pour qu'elle s'y fixe et retienne le navire ».

L'Ordre de la Félicité à l'épreuve des réalités

L'Ordre de la Félicité s'est heurté à deux types de problèmes qui sont riches d'enseignement pour qui appartient à des sociétés, initiatiques ou non, et dont l'histoire la plus contemporaine montre qu'elles perdurent.

Les premiers de ces problèmes concernent le développement et le fonctionnement de l'institution elle même.

Le développement harmonieux demeure une gageure pour toute société tant le glissement vers le « recrutement » se fait insidieusement au niveau des membres et des représentations. L'Ordre de la Félicité n'a pas échappé à cette difficulté. Moët préconise dès 1746, alors que l'Ordre n'a été fondé qu'en 1742, de supprimer notamment à Paris de nombreuses escadres qui ont recruté « de mauvais sujets ou d'honnêtes gens mal reçus ». Il propose de fixer un nombre d'escadres et de s'y tenir. On croit lire certains textes des débuts de la Maçonnerie française lorsque l'auteur se plaint « de l'immense quantité de personnes qui avait été reçue dans l'Ordre de la Félicité » dont certaines « de conditions basses » ce qui fit que « la livrée parvint au grade suprême de Chef d'escadre et la grisette se nicha dans le Tabernacle » !

Quelques années plus tard, fondant leur Grande Loge, les Anciens soulignèrent l'importance du problème: « les honorables membres de cette grande et honorable société ne pourront jamais prêter trop d'attention au choix de ses membres... [et] à une connaissance parfaite du caractère du candidat et des motifs qui lui font solliciter son initiation aux mystères de la Franc-maçonnerie. De cela dépend la prospérité ou la ruine de l'Ordre »23 ; avis toujours d'actualité !

Bien évidemment les responsables de cette situation sont bien connus: ce sont les « petits » Patrons qui par ambition personnelle créent des escadres sans avoir les aptitudes et l'autorité indispensables pour bien les diriger. Pour résoudre ce problème l'autorité centrale doit être forte et incontestée et la solution proposée est de désigner pour chef un prince de sang royal… Décidément on ne sort pas des sentiers battus ! De fait, à la disparition du Duc de Bouillon, qui nous pardonnera de le qualifier malgré ses nombreux titres de « cheville ouvrière » de l'Ordre, la Grande Maîtrise fut proposée au Comte de Clermont qui la refusa estimant avoir assez à faire avec la Franc-maçonnerie. L'Ordre de la Félicité n'eut donc pas un chef « qui s'imposât autant par le mérite que par la naissance » et quel dommage, car il est certain que « les Maçons ne se soutiennent dans leur éclat que par le choix qu'ils ont fait d'un prince ».

Il est assuré que lorsque les chefs n'ont pas les compétences requises par leur mission, la situation se détériore rapidement. Effectivement bien des escadres prennent des libertés destructrices au regard des rituels et des règlements. Nous avons plus haut signalé que certaines escadres ne transmettaient plus certains grades et particulièrement celui de « Patron salé » alors que celui-ci précédait immédiatement le grade de « Chef d'escadre ». On peut se poser la question de savoir s'il ne s'agit pas d'une pratique menant à l'institution de Chefs d'escadre « ad vitam » à l'exemple de ce qui se faisait alors en Maçonnerie avec les conséquences bien connues. D'autres escadres, les « petites » , négligeaient les rituels parfois tout simplement faute d'avoir les moyens de réunir le matériel nécessaire ou de louer ou d'acquérir l'indispensable local, ce qui confirmerait un recrutement dans des couches sociales « moins favorisées des métaux » pour reprendre une expression du Rite Émulation.

L'ensemble de ces problèmes et difficultés a débouché sur une conclusion qui n'est pas particulièrement originale si on considère la période contemporaine : la scission.

Moët dans l’Antropophile donne la date de 1745, Ragon celle de 174724. Les deux auteurs conservent leur écart de deux années pour les datations sur notre sujet et là encore nous préférons Moët qui fut contemporain et membre de l'Ordre. Les dissidents créèrent donc un Ordre des Chevaliers et Chevalières de l'Ancre - on trouve dans un écrit anonyme le nom d’Ordre des Chevaliers et Héroïne de l'Ancre mais s'agit-il de notre scission ? - mais les rituels ne connurent que des modifications minimes: certains mots de passe furent changés pour éviter les intrusions et sur l'insigne ou médaille de l'Ordre les attributs marins furent plus nombreux. Cet avatar se maintint jusqu'en 1780.

Le denier point qui peut à juste titre susciter des commentaires est celui de la nature réelle de la mixité mise en œuvre par l'Ordre. Certes une société dont l'objectif était de naviguer sur toutes les mers pour découvrir l'ile de la Félicité « où règne la volupté et de l'amour la mère » comme le dit une chanson ne pouvait se concevoir sans une participation féminine. Mais quelle place était réellement faite aux dames dans l'Ordre ?

Répondre à cette question exige au préalable de se remémorer ce qu'était la position des femmes dans la société des privilégiés, à laquelle appartenaient à l'évidence les membres de la Félicité. Certes la femme ne pouvait prétendre à l'égalité avec l'homme mais elle était beaucoup plus libre et éclairée que l'image déformée que nous en avons. En effet, c'est la femme du XIX° siècle dans cette même classe sociale qui sera véritablement dans une situation d'assujettissement sous la double influence d'une bourgeoisie régnante, étroite d'esprit et d'une religion sur la défensive. Il semblerait bien que dans ce siècle l'énergie consacrée par les hommes à établir des régimes politiques libéraux et à développer la liberté de s'enrichir les ait amenés à développer un autoritarisme dont les femmes furent les premières victimes.

Dans la « bonne société » du temps des Lumières et à plus forte raisons chez ceux qui avaient bénéficié de la Lumière, la bienséance était une vertu impérative car ainsi que l'indique l’Antropophile « on regarde les femmes comme le principe et la fin du vrai Bonheur et non comme le profane qui n'y voit qu'une cause de son plaisir » Aussi dans les escadres bien tenues, point de débordements qui d'ailleurs auraient posé de sérieux problème puisque les femmes présentes étaient épouses, maîtresses, en tous les cas toujours parentes des frères. La liberté avait progressé certes mais dans la limite de la raison (la grande idée du siècle). Ceci n'empêchait pas l'usage de rituels aux termes équivoques, nous l'avons vu : c'était une manière sans doute d'éprouver quelques frissons sans pour autant que le désordre ne s'installe sur le navire qui filait vers Cythère et la Félicité.

Mais cette mixité pose une question autrement intéressante: y avait-il égalité entre les Chevalières et les Chevaliers ? Il semble ici que la Félicité ait été réellement une société de son temps (et du nôtre ?) : mixité n'est pas égalité. Nous pouvons vérifier cette affirmation de manière surabondante: souvenons-nous par exemple des châtiments prévus dans les obligations lors de la réception dans la société ; s'il rompt son serment le Chevalier perd son honneur (une notion lourde de sens à l'époque) mais la Chevalière devra, elle, subir les assauts des matelots les plus féroces. C'est dire que chez la femme l'honneur n'est pas affaire d'âme mais de corps… D'ailleurs dans le même ordre d'idée et révélateur d'un « machisme » dont la gravité tient sans doute au fait qu'il est inconscient, c'est aux Chevalières qu'il est demandé d'avoir une tenue « décente » et plus même, puisqu'elles doivent être « embéguinés » tandis que les Chevaliers arboreront soieries, rubans et autres fanfreluches.

D'autres exemples pourraient être tirés des quelques textes qui traitent de l'Ordre mais il y a en réalité plus grave : si on lit bien l’Antropophile, il semble que lors du passage du grade de Patron à celui de Patron salé il soit d'usage dans les escadres de prier les dames de se retirer… Ce qui, si on veut réfléchir par analogie avec la Franc-maçonnerie reviendrait à penser que les femmes avaient accès aux grades d'apprenti et de compagnon, et non au-delà. C'est mieux que le statut réservé à la même époque aux frères servants mais c'est trop peu pour qu'on puisse parler d'égalité. De plus cela implique qu'aucune femme ne peut espérer devenir Chef d'escadre. Nous savons enfin que les fonctions de Vice-amiral et de Grand Maître furent toujours et en alternance dévolues à Chambonas et à Bouillon. L'Ordre de la Félicité ne prétendait pas être à l'avant-garde des sociétés de son temps et c'est heureux.

Moët dans son Antropophile a bien vu le problème alors que s'amorçait avec les Loges d'adoption une concurrence qui devait triompher. Et il propose des solutions qui faute d'avoir été mise en œuvre nous permettent au moins de sourire aujourd'hui. Il estime, à juste titre, que la solidité de l'Ordre tient à une parfaite égalité entre tous mais les moyens d'y parvenir sont étonnants: il s'agit de dépouiller les dames de leurs – déjà bien peu évidentes – prérogatives. Ainsi « les hommes y seront moins gênés; les dames seraient ravies d'être homme pour un moment » et de plus « qu'empêche qu'on appelle les dames du nom de frère ? Elles paieraient de leur personne alors, au lieu que sous le nom de sœurs elles ne sont que des ombres » !!! De plus, il conviendrait que « les dames fussent reçues dans la Chevalerie par les frères et les hommes par les sœurs: il n'y aurait point de partialité dès ce moment; tout se ferait sans brigue. »

Avec ces propositions révolutionnaires mais sans suite nous laissons l'Ordre de la Félicité suivre son destin. L’Antropophile est publié en 1746 et nous savons par Brest de la Chaussée que l'Ordre n'existait plus en 1772, ses escadres coulées par les Loges d'adoption qui se multipliaient alors. Sans doute aussi, la disparition d'un grand seigneur comme le duc de Bouillon, mort en 1771 explique-t-elle la fin de l'aventure : il a manqué un prince pour soutenir la compagnie !

Mais la Félicité ne fut-elle que cette société dont en 1745 un mauvais esprit anonyme avait écrit qu'elle était « le moyen de monter au plus haut grade de la Marine sans se mouiller » ?

Elle fut au moins mais c'est déjà considérable la réunion de femmes et d'hommes heureux de se retrouver ensemble et de partager bonne humeur et bonne chère. N'est-ce pas beaucoup.

Carpe Diem.

Prière à Saint Nicolas

Toi, qui dans l'horreur du naufrage

soutiens le cœur des matelots

et les préserve de l'orage;

Toi, qui d'un mot calme les flots;

Saint Nicolas, sois favorable

au zèle qui m'appelle à toi :

fais que ton scrutin redoutable

m'admette à vivre sous ta loi;

que sur tes escadres brillantes

je serve et commande à mon tour;

qu'aux charges les plus importantes

de rang en rang je monte un jour;

que contre moi le fier Borée

ne soulève jamais les mers;

et que de l'ile désirée

je trouve tous les ports ouverts. Ainsi soit-il.

Extraits de quelques chansons de l'Ordre de la Fidélité25

  • Chanson pour la Félicité (sur l'air du « branle de Dunkerque »)

Il s'agit d'un dialogue entre le Chef d'escadre et un Mousse, entrecoupé des interventions du chœur; l'annexe III fournit une traduction des termes « marins »

Le Chef d'escadre:

courage mon enfant, dites quel bâtiment voudriez-vous choisir pour voguer avec plaisir ?

Le Mousse :

Que de peine à prendre pour en trouver de bons! Je fuis une bélandre et la laisse au ponton; quiconque a de l'aimant vogue avec agrément.

Le chœur :

Il a bien répondu, il a de la vertu; prions Saint Nicolas qu'il ne l'abandonne pas

  • Avis sincères à mademoiselle *** chevalière de l'Ordre de la Félicité (sur l'air de la béquille du père Barnabas)

L'ancre journellement

N'écoute que l'amour,

à votre coté brille

dans vos yeux il pétille

pour vous quel ornement !

Aimer à votre tour

Quitte cette vétille

c'est une peccadille.

l'attribut d'une fille

Qui comme vous fourmille

de la Félicité

et d'esprit et d'appas

doit être la béquille

relève la béquille

du frère si vanté.

Du père Barnabas.

.

  • Chanson de l'Ordre de la Félicité

Le calme doit nous engager soyons unis, soyons confiants

à des courses légères; pour chaque chevalière,

mais gardons nous de voyager dans nos festins les plus charmants

quand les vents sont contraires liberté toute entière :

ne risquons point en amour et que Bacchus et Amour,

un trajet téméraire sur les flots de Cythère

sans espoir de retour. Nous mènent tour à tour.

Éléments de vocabulaire

Nous avons signalé que l’Antropophile se terminait sur deux « dictionnaires » se complétant l'un à l'autre: le premier donne un mot et son sens, le second une expression et sa signification. Nous en donnons quelques exemples.

Bâtiment

le corps

Gabary

(chaloupe de bon)

fille bien faite

Bélandre

une folle

Gouvernail

derrière

Ponton

un sot

Grappin

main

Accrocher

embrasser

Mat (grand)

le corps

Appareiller

mettre sa chemise

Organeau

une bague

Amarrer

s'attacher, avoir une inclination

Pavois

habillement

Bouline

un novice

Pompe

pot de chambre

Boussole

les yeux

Port

le cœur

Cabestan

les reins

Proue

le visage

Calme (il)

la conversation tombe

Rames

jambes et bras

Cordage

les cheveux

Ribord

culotte

École de marine

toilettes

Sondes

les doigts

Embarquement

intrigue amoureuse

Vaisseau

homme

Entrepont

l'estomac

Voile

chemise

Fers (être aux)

être amoureux

Voilier (bon)

coureur

Frégate

petite femme

Etc.

J.M.

Source : Article paru dans les Travaux d’ASPOMA, avec l’autorisation de l’auteur.

Couverture Dictionnaire des Marins Francs-Maçons.

Couverture Dictionnaire des Marins Francs-Maçons.

 

RECENSION- DICTIONNAIRE DES MARINS FRANCS-MACONS

Gens de Mer et Professions connexes aux XVIIIème, XIXè et XXè siècles.

Travaux de la Loge Maritime de Recherche LA PEROUSE.

 

Ce dictionnaire publié sous l’égide de l’Association Ponantaise d’Histoire Maritime sous la Direction de Jean-Marc Van Hille.

Éditions Kronos  SPM.

 En librairie : 46,50 €.

 

Dans cette somme considérable, les Francs-Maçons et plus particulièrement ceux de la Mer ou de la Côte trouveront, de quoi satisfaire leur besoin de connaître leurs prédécesseurs. Ceux qui furent les transmetteurs au cours de leurs voyages à travers le monde des valeurs de la Franc-Maçonnerie. Les Biographies ainsi parcourues soit à la manière d’un Roman soit épisodiquement selon votre préférence seront propres à enrichir vos connaissances de la Fraternité. Vous découvrirez peut être que les origines de la Franc-Maçonnerie Française viennent de la Mer, la célèbre Loge L’anglaise de Bordeaux en témoigne.

La préface de Pierre Mollier Directeur du service Bibliothèque-Archives-Musée du Grand Orient de France, atteste la rigueur et la qualité de l’œuvre.

Tout Franc-Maçon dont le regard se projette sur la Mer, aura un plaisir renouvelé par ses consultations successives de cet ouvrage.

JFG

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Publié le par jean françois
Ce jour à 12h dans le Centre Historique et touristique de Rennes.La pratique illustrée des "bonnes moeurs" suivant l'ancien slogan de la Ville Vivre en Intelligence, remplacer par le médiatique Vivre ensemble, en attendant peut être le survivre ensemble !
Ce jour à 12h dans le Centre Historique et touristique de Rennes.La pratique illustrée des "bonnes moeurs" suivant l'ancien slogan de la Ville Vivre en Intelligence, remplacer par le médiatique Vivre ensemble, en attendant peut être le survivre ensemble !
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DE BONNES MŒURS –II-

 

Cet article, pour prolonger la réflexion sur l’indispensable sésame pour frapper à la porte du Temple, c’est la première clé qui n’est pas encore d’ivoire, ni d’or mais de Pierre Brute.

Le 02/12/15 j’écrivais quelques lignes sur le sujet elles suscitées des commentaires intéressants, d’ou l’envie d’aller plus loin.

Mais pour aller plus loin, il faut d’abord s’abreuver aux sources ou à la source ?

Le Littré mon dictionnaire de référence, défini ainsi  les Mœurs du pluriel Latin Mores, de Mos, Mouïs, désignant une manière de se comporter, une façon d’agir tant physique  que morale ; cela étant déterminé par l’usage, les coutumes et non pas par la loi.

Ce n’est donc pas du domaine de la politique, d’un code social, mais de la morale, de la générosité donc de l’intime.

Les mœurs peuvent d’ailleurs s’opposer à la loi, de telles pratiques ont eu lieu au cours de l’histoire, que penser la traite des hommes, ou encore de nos jours de la prostitution. Les mœurs se caractérisent donc par un ensemble de comportements. A noter que le terme « Bonnes Mœurs » n’apparaîtra que vers 1718. Si les mœurs procèdent d’un seul examen, attention je vais être provocateur, y a t’il une police des mœurs en Franc-Maçonnerie ? Qui a ses consignes, ses règles, ses membres qui seraient les parrains, les enquêteurs désignés par le chef. Combien de fois avons-nous été confrontés au dilemme du jugement sur autrui, et quel droit avons-nous de porter un jugement, ou de délivre un brevet de bonnes mœurs, après un examen. Comment être sûr, que le candidat ne dissimule pas sa véritable nature ? Comment trier le bon du méchant, certains candidats sont d’habiles fraudeurs, ils pratiquent avec dextérité l’hypocrisie et la prudence pour apparaître vertueux à nos yeux et surtout toucher notre cœur. Ainsi La Rochefoucauld qui pense que « La Vertu ne serait qu’un vice déguisé.» Si l’on suit ce raisonnement, le but de la Franc-Maçonnerie étant de fuir le vice et pratiquer la Vertu, ne serait qu’une illusion de la morale, il y aurait si j’ose dire tromperie sur la marchandise.

 

La Loge s’en remet au parrain, lui accorde sa confiance. L’enquêteur lui n’est armé que d’un questionnaire, une sorte de quiz, au terme duquel il devra porter un jugement de valeur, le candidat a t’il bien répondu ? Pour ma part je pense que la jauge de l’enquêteur doit aller au plus profond du cœur du candidat et ensuite en son âme et conscience, suivant intime conviction il aura a donner un avis, qui sera l’avis de l’enquêteur et de lui seul, cet avis devant se confronter aux avis de ses Frères.

L’enquêteur devra lui-même avoir atteint, un certain degré de conscience, un respect de lui-même concrétiser par la formule « reconnu comme tel » Après avoir travailler sur son soi, par une introspection approfondie, une rectification constante par l’équerre et une altérité aigue. Comme le dit Spinoza : « Le bonheur est dans l’estime de soi » passage indispensable pour aimer autrui.

Les bonnes mœurs valent d’abord pour soi, ensuite elles se répercuteront sur la société. C’est le choix, l’application de notre libre arbitre d’être un honnête homme et pas un salaud.

Plus j’avance dans ma réflexion, plus je pense, que ce qui nous mets mal à l’aise dans notre définition des bonnes mœurs, c’est une sorte de métonymie entre Éthique et Morale, entre le contenu, la morale et le contenant, l’Éthique. C’est pourtant par cette didactique, cette étude de la question sur la morale que se trouve une explication, et peut être la solution et le pourquoi il est important d’en faire un sésame pour le postulant aux mystères.

L’étude des Rituels Maçonniques, courroies de la transmissioncontiennent des invariants, un de ceux-ci est le principe d’alliance. Alliance avec la vertu acte individuel du Maçon, qui interroge sans cesse sa conscience et se détermine à chaque instant de sa vie, à la fois dans l’espace sacré du temple, mais aussi et surtout dans la vie profane.

Par serment, il devra s’engager vis à vis de ses Frères c’est la partie apparente de son engagement, mais surtout envers lui même, c’est déterminant pour sa vie future. C’est ce qui fera vivre son initiation, cette alliance avec la vertu, le mènera de la circonférence au centre, réceptacle des forces d’en haut et de celles d’en bas. Cette attraction, dictée par la voix de sa conscience, s’il fait en sorte de la suivre  en toutes circonstances, alors il sera de bonnes mœurs.

Cette Alliance avec la vertu, est incontournable pour accéder à la liberté et au bonheur de la vie spirituelle, être là ou trône le bien.

 

Attention le moralisme ici n’a pas sa place, puisqu’il s’agit de soi et non pas d’un quelconque jugement sur autrui.

 

Ces réflexions sont une manière de mettre son esprit en action, d’apprendre à penser par soi même, avec l’aide de ceux qui nous ont précédés sur cette voie, je pense aux Philosophes en particulier aux antiques. Et je refuse la formule toute faite et cent servie « Attention mon Frère, la Franc-Maçonnerie, ce n’est pas de la philosophie ». Certes la Franc-Maçonnerie ce n’est pas que de la philosophie surtout au sens de la philosophie contemporaine. Mais personnellement je pense qu’il y a convergence, quand la philosophie dépasse le cadre de la Théoria, pour être à la fois Théoria et Praxis à l’instar de la Théoria reçue en Loge et de la Praxis restituée dans la Cité. Si la philosophie c’est apprendre à penser, à vivre, à mourir, si c’est aussi un chemin de sagesse, une recherche du bonheur intérieur, une élévation spirituelle, une recherche de son soi et sa compréhension, la faculté d’apprendre et de tout oublier, pour se régénérer dans une réunification. La Franc-Maçonnerie initiatique apporte une sorte de complétude.

 

Cette aspiration à la connaissance et l’amour de soi, nous oblige à la pratique de bonnes mœurs.

Oui il y a bien un rapport entre la philosophie antique et la Franc-Maçonnerie, c’est d’ailleurs attesté dans les textes fondateurs. Socrate, Platon, Plotin, Épicure, Marc Aurèle et les philosophes des Lumières, héritiers du Miracle Grec, imprègnent notre démarche. Nos bonnes mœurs viennent donc des rives de la méditerranée, les éloges de la vertu et les combats contre les vices ont remplis le cœur des Grecs avant le nôtre.

 

Les parrains des candidats observeront leur comportement dans la cité, ils détecteront leur envie d’être, qui doit surpasser leur désir d’avoir. Ils ne regarderont que leur cœur et non leur statut social, nous ne sommes plus au XVIIIème siècle, si aristocratie il y a c’est une hiérarchie du mérite et de cœur, une volonté de faire le bien, qui enrichira l’humain.

 

En Conclusion.

 

Notre hésitation, à nous déterminer une position sur l’expression « de bonnes mœurs » vient d’une confusion entre Éthique et Morale. Les Land marks ou la règle en  12 ou 10 points définissent des référents, des principes, pour une appartenance à un groupe : ce sont les Codes Maçonniques, des codes d’Éthique. Ils définissent les contours de la Morale  Maçonnique. Ils sont les manifestations de la science morale, ils sont le contenant, ils sont le camion pas le fret. Nous sommes donc dans un cadre restreint à minima pour obtenir la reconnaissance d’un groupe, un cadre qui plus est temporaire, donc évolutif en fonction de l’évolution du groupe. Ce cadre, ce code est certes nécessaire, à la vie du groupe, sa pérennité, son harmonie. Mais la notion d’Universel ne peut s’y retrouver, l’Éthique a donc des limites. Il en va autrement de la morale qui est individuelle  et universelle elle touche à l’humain au sens le plus large, hors l’espace et le temps. L’Éthique fut t’elle codifiée ne reste que la science de la Morale. Rappelons la formule de François Rabelais : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Réfléchir sur son soi, contempler sa subjectivité, l ‘admettre et la dépasser est un chemin nécessaire, cela ne confère pas pourtant le droit de dire autrui qu’il est ou qu’il n’est pas de bonnes mœurs, il nous faut prendre notre part de modestie et d’humilité.

 

Par provocation encore l’on peut se poser la question, un code d’Éthique peut il être  amoral ? S’il s’applique à un groupe d’individus, sa différenciation, sa défense, sa protection si elle s’applique à un groupe n’est t’elle pas néfaste aux autres. C’est le problème posé par les codes de déontologie professionnels et les ordres corporatistes, dont le but premier est de garantie une ou des lignes conduites respectueuses d’autrui, mais aussi de protéger le groupe. L’on touche la difficulté d’aller de l’individuel  (même si c’est un groupe) à l’Universel. La Franc-Maçonnerie est une voie pour y parvenir, l’initiation progressive écarte l’ambition, la vanité et l’ignorance. Décidemment malgré l’imperfection de ses membres c’est un enseignement favorable à l’essor des bonnes mœurs, pratiquées grâce au ciseau de la Morale. Travail constant pour être reconnu comme tel. 

JFG

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Publié le par jean françois
F.M.MAGAZINE Couverture. Philippe Charuel G.M. de la G.L.D.F., Le G.A.D.L.U, Code Maçonnique R.E.R, Hegel, Les Couleurs.
F.M.MAGAZINE Couverture. Philippe Charuel G.M. de la G.L.D.F., Le G.A.D.L.U, Code Maçonnique R.E.R, Hegel, Les Couleurs.
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F.M.MAGAZINE Couverture. Philippe Charuel G.M. de la G.L.D.F., Le G.A.D.L.U, Code Maçonnique R.E.R, Hegel, Les Couleurs.

F.M.MAGAZINE Couverture. Philippe Charuel G.M. de la G.L.D.F., Le G.A.D.L.U, Code Maçonnique R.E.R, Hegel, Les Couleurs.

FRANC-MACONNERIE MAGAZINE.

 

Le Franc-Magazine N°44 est paru. Un numéro de bonne qualité.

J’ai retenu :

L’interview de Philippe Charuel le G.M de la Grande Loge de France avec ses points forts qui sont :

 

Page 8

  • Un regard appuyé vers le jeunesse, faisant le constat que la moyenne d’âge des Frères s’élève et le besoin que les Colonnes se garnissent de sang neuf, car n’en déplaise aux vieux sages, « la valeur n’attend pas le nombre des années ».
  • Un retour probable au sein de l’IMF.
  • La paupérisation de la CMF, qui opère une mutation en club de rencontre inter obédientiel. La course derrière la GLAMF à la reconnaissance semble terminée, et c’est très bien ainsi.

 

Page 22

  « Qu’est-ce que le Grand Architecte de L’Univers ? ». L’ambition est grande de vouloir en 5 pages traiter du sujet, mais il est louable de l’aborder, compte tenu de la complexité d’apporter des réponses, quand on est souvent dans l’intime.

Une note discordante selon moi c’est la référence au Philosophe Michel Onfray, qui ne peut servir à mon avis de référent sur ce sujet, au regard de ses positions extrémistes.

Je retiens pour ma part l’Article 1er des Constitutions de 1723 : « Un Maçon est obligé, de par son état d’obéir à la Loi Morale….. »

Le GADLU, est souvent un thème de discorde, à noter l’ouverture Fraternelle entre le GO et la GNLF un petit pas dans le cadre des rencontres Lafayette, allez encore une effort pour la Franc-Maçonnerie Universelle, personne ne perdra son âme en acceptant les inter visites, alors la Franc-Maçonnerie sera vraiment le Centre de l’union.

 

Page 28

« L’Orient Éternel Et après…. » .Avec des questions récurrentes sur : L’Immortalité, la résurrection, la fin de la mort, l’Immortalité de l’âme …..

 

Page 36

 « Les Couleurs des grades symboliques vers un au-delà » Un article très intéressant de Pierre Pelle le Croisa. Les couleurs de l’alchimiste et l’Elixir de Vie a mettre en rapport avec l’article précédent.

 

Page 42

« Hegel : La Philosophie comme pensée du Monde » Il paraît que la Franc-Maçonnerie, n’a rien à voir avec la Philosophie. Je conseille néanmoins cette lecture.

 

Page 58

« La Planche à billets » L’humour n’est pas absent, de ce article pour les adeptes du copier coller, et du ‘wikipédiamaçonnique’.

 

 Un numéro à lire et a garder.

JFG

 

Franc-Maçonnerie Magazine N°44 Décembre et Janvier dans les Kiosques 5,95 €. Par abonnement :abonnements@fm-mag.fr

Prochain numéro en Kiosques le 14 Janvier 2016.

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Publié le par jean françois
La Semaine sur la FM au Coeur.
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La Semaine sur la FM au Coeur.

La Semaine du 29/11 au 05/12/2015 sur la F.M au Cœur.

Vous avez aimé dans l’ordre :

Le 29 : Kitchenette Planche de Théodore.

http://www.lafrancmaconnerieaucoeur.com/2015/11/kitchenette-planche-de-theodore.html

Le 02 : Le Maître Arcane VII.

http://www.lafrancmaconnerieaucoeur.com/2015/12/le-maitre-arcane-vii.html

Le 01 : Universel – Autochtone.

http://www.lafrancmaconnerieaucoeur.com/2015/12/universel-autochtone.html

Le 05 : Recension : Dieu, les affaires et nous.

http://www.lafrancmaconnerieaucoeur.com/2015/12/recension-dieu-les-affaires-et-nous.html

Le 03 : Francs-Maçons de la Mer VI- 1785.

http://www.lafrancmaconnerieaucoeur.com/2015/12/francs-macons-de-la-mer-vi-1785.html

Le 30 : Etat de Droit.

http://www.lafrancmaconnerieaucoeur.com/2015/11/etat-de-droits.html

Le 04 : De Bonnes Mœurs.

http://www.lafrancmaconnerieaucoeur.com/2015/12/de-bonnes-moeurs.html

Bon Dimanche et bonne lecture ou relecture.

JFG.

Affiche à mettre à l'entrée des Temples Tagués (Message de Serge)

Affiche à mettre à l'entrée des Temples Tagués (Message de Serge)

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Publié le par jean françois
Cabu

Cabu

LOI.

Au nom de la loi, je vous arrête ! Chaque jour, chacun d’entre nous enfreint au moins une loi, cent décrets, plusieurs réglements fumeux et de nombreux édits intempestifs. Mais doit-on plaindre une société où les lois sont parfois ignorées ? Pas sûr.

Imaginons un instant que dans un beau pays comme le nôtre, tout à coup, du jour au lendemain, chacun se mette à respecter absolument toutes les lois, toutes les règles, et que rien, aucune faute, aucune infraction, aucun délit ni aucun crime (que sais-je encore !) ne puisse être reproché à qui que ce soit. Que se passerait-il ? Dans un premier temps, les contractuels s’ennuieraient ferme, pas le moindre papillon à glisser sous les essuie-glaces. Le matin même, les autorités s’inquièteraient de la bonne marche des radars automatiques qui ne flasheraient plus personne. Très vite, les tribunaux de police seraient déserts et les autres suivraient en quelques semaines, quelques mois peut-être. Rapidement, la gendarmerie, la police, les juges, les gardiens de prison, les huissiers, les avocats et de très nombreux fonctionnaires et professionnels de qualité seraient sans travail. L’absolu respect des lois mènerait plus sûrement la société à l’implosion que quelques émeutes révolutionnaires.

Car le trépied juge-gendarme-voleur est le socle inaltérable sur lequel repose toute société humaine (ou presque). Nous édictons des lois, les contournons, en imaginons d’autres, les enfreignons, punissons, payons, enfermons, tranchions des têtes même et tout cela au nom d’un principe unique : le bien. C’est une affaire entendue, chacun d’entre nous sait ce qu’est le bien. C’est la loi qui le dit… On voit ici que la tautologie pointe le bout de son nez malicieux mais il n’est sans doute pas né ce député qui osera un jour proposer une loi au nom du mal.

Alors d’où nous vient ce besoin irrépressible de la loi ? Si toute loi humaine est d’abord un aveux de faiblesse, il faut alors admettre que la source de ce désir se trouve dans notre impossibilité à transgresser les lois de la physique. Et c’est par une curieuse torsion du dépit que la loi humaine érige des barrières, là où les lois de l’univers nous parlent d’infini. Mobilis in mobile, au nom de la loi, je vous mets en mouvement…

Théodore Neville.

BIEN OU MAL, BON OU MAUVAIS.

Merci à Théodore, d'ouvrir la réflexion,qui n'est pas sans rapport avec notre "Libre et de bonnes Moeurs", ainsi que la transgression nécessaire au chemin initiatique.

Surtout aujourd'hui Votez ! Pour qui vous Voulez ! mais Votez !

JFG

Merci à Serge pour ce Coup de Pied

Merci à Serge pour ce Coup de Pied

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Publié le par jean françois
RECENSION: DIEU, les affaires et nous.

RECENSION : Dieu, les affaires et nous.

Le livre de Jean d’Ormesson est une Chronique d’un demi siècle, la préface de Jacques Julliard témoigne non pas de son objectivité mais pour le moins de la sincérité de l’auteur.

En effet Jacques Julliard n’est pas ce qu’il convient d’appeler un homme de droite, s’il a accepté de préfacer l’ouvrage, c’est sans doute à cause de son amitié avec l’auteur, mais ce n’est sûrement pas non plus un acte de complaisance, au regard de ce qu’est Jacques Julliard : Essayiste, journaliste au Nouvel Observateur puis à Marianne, après un parcours à l’UNEF, anticolonialiste, classé catholique de gauche.

Jacques Julliard à écrit dans sa préface à propos de Jean d’Ormesson : « Comment être à la fois un éditorialiste de droite et un intellectuel de gauche ? C’est à cette contradiction que Jean d’Ormesson a sacrifiée avec délice pendant sa vie publique, …. »

Jean d’Ormesson est à ce titre dans les pas de Tocqueville, Lamartine, Hugo, Chateaubriand…

Ce livre, le dernier paru de Jean d’Ormesson, présenté récemment dans l’émission référence : « La Grande Librairie », avec toute la malice intellectuelle qui le caractérise souvent, est une page d’histoire, de notre histoire qui se déroule de 1981 à 2011.

Il n’est pas comme le dit Julliard : « En demie teinte », Jean d’Ormesson est un praticien de l’opposition frontale, du verbe direct, appuyé et courtois. Il sait affirmer les erreurs à son sens de la gauche, ses errements. Il dénonce les manques de la droite en particulier : « son manque de générosité ». Il sait aussi reconnaître les qualités des hommes de gauche et tancer quand il est besoin les hommes de droite, sans jamais se tourner vers les extrêmes, dont il prend acte de leur présence.

Des expressions fortes, sans concessions, des qualifications tranchées : Mitterrand le politique, l’habile séducteur socialiste, chacun sait la place que Mitterrand réserva à Jean d’Ormesson au seuil de son départ définitif. De De Gaulle, il écrit à peu près, il était tout simplement la France. Appréciant peu Chirac il le qualifie de Sabreur, vouant une certaine admiration pour Sarkozy il reconnaît sa force, son ambition il est Napoléon et César.

Pas de langue de bois dans ce livre, simplement l’épreuve des faits, qui relance le lecteur en permanence et capte son envie de tourner les pages, l’histoire s’accélère, l’intensité se développe.

L’écriture, simple fluide, le ton, la justesse du propos au-delà des clivages, le regard aiguisé, l’absence de recettes miracles, l’opinion concrétisent la sincérité de l’ouvrage.

Ce livre est également un démenti à tous ceux qui pensent que l’histoire ne se renouvelle pas, on constate que les menus sont souvent les mêmes, les plats réchauffés qui repassent, seuls les cuisiniers différent mais ils sortent de la même école. Ce qui manque le plus c’est l’imagination, la grandeur, l’envie de servir l’état avant de s’en servir ou pire de se servir.

Mais il n’y a pas de désespoir sauf peut être pour notre langue et notre éducation. L’espérance de Jean d’Ormesson est dans l’Europe, l’Europe oui mais plus grande dans ses projets, l’Europe fortifiée, confortée, amendée, soudée. L’espérance de Jean d’Ormesson est aussi la fin de la politique des : « zigzags » des compromis, des synthèses perpétuelles avec n’importe qui pour n’importe quoi. L’espérance c’est la grandeur des projets. L’espérance c’est le refus de tomber dans l’obscur abîme, dans l’ignorance des extrêmes.

JFG

Dieu les affaires et nous Chronique d’un demi siècle Préface de Jacques Julliard. Editions Robert Laffont. 24 €. 666 Pages.

Note de l’Editeur : Observateur engagé, Jean d’Ormesson n’a cessé d’être fasciné par le spectacle de la politique, le combat des idées et la marche du monde. Œuvre littéraire à part entière, cette chronique est jalonnée de portraits, de reportages, de commentaires, de prises de position, témoigne de sa présence constante dans les grands débats de notre époque et du regard lucide et passionné qu’il porte sur ses contemporains. Ce parcours d’un homme de fidélité et d’espérance nous éclaire à chaque sur les enjeux du présent.

Note de Jacques Julliard :

« Il n’est ni tout à fait la droite, dont il est sociétaire à part entière, encore moins la gauche, dont il est parfois un évêque in paribus ; il n’est définitivement ni de Neuilly ni de Saint Fargeau ; il n’est ni Sarkozy, ni Mitterrand ; ni l’ancien régime ni la révolution, il est tout simplement ce que l’on retrouve au fond du creuset, cet alliage d’évidence : Jean d’Ormesson, c’est la France ! Il n’est pas centriste, il est central. Il incarne toutes les valeurs auxquelles la France est en train de renoncer, mais dont elle conservera longtemps la nostalgie.

Demain :

La planche de Théodore Neville : LOI.

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Publié le par jean françois
Louis XVI donne ses instructions à La Pérouse, Portrait de La Pérouse.
Louis XVI donne ses instructions à La Pérouse, Portrait de La Pérouse.
Louis XVI donne ses instructions à La Pérouse, Portrait de La Pérouse.
Louis XVI donne ses instructions à La Pérouse, Portrait de La Pérouse.
Louis XVI donne ses instructions à La Pérouse, Portrait de La Pérouse.
Louis XVI donne ses instructions à La Pérouse, Portrait de La Pérouse.
Louis XVI donne ses instructions à La Pérouse, Portrait de La Pérouse.
Louis XVI donne ses instructions à La Pérouse, Portrait de La Pérouse.

Louis XVI donne ses instructions à La Pérouse, Portrait de La Pérouse.

FRANCS-MACONS DE LA MER – VI – 1785.

 

LA PEROUSE L’AMBITIEUX.

 

Il fallait en être, il en fût. L’ambitieux capitaine Jean-François Galaup de La Pérouse, initié à Brest probablement vers 1774 à la Loge très élitiste : « L’Heureuse Rencontre ». L’on trouve très peu de choses de son dossier Maçonnique dans les archives de la Loge, hormis en 1779. En effet logiquement il est souvent sur les mers, sa présence en Loge et ses travaux pratiquement inconnus (peut être que des lecteurs ont des documents à ce sujet ?).

On peut s’interroger sur sa motivation, si ce n’est que c’est un homme curieux, bien rapport avec le siècle des lumières. Pour être Maçon à « L’Heureuse Rencontre » il était préférable d’être noble et riche, la Franc-Maçonnerie Brestoise ne s’est démocratisée que lorsque fût créée la Loge : « Les Élus de Sully ». Il y eut d’ailleurs une lutte fratricide entre ces deux Loges, à propos du recrutement, des locaux , des mœurs des membres elles auraient dues normalement êtres sœurs exerçant toutes les deux leurs travaux sous les auspices du Grand orient. Jean-Yves Gengant dans son livre Brest et la Franc-Maçonnerie décrit par le menu cette guérilla, n’entre pas qui souhaite à « L’Heureuse Rencontre », pour obtenir les 3 grades de l’apprenti au Maître ce qui peut se faire d’ailleurs très rapidement à la condition de débourser pas moins de 200 livres c’est à l’époque le salaire annuel d’un artisan qualifié. Les discussions actuelles sur le montant des cotisations semblent dérisoires. Dans ce contexte la démocratique Loge « Les Élus de Sully » n’a eu lieu qu’en 1786.

Si La Pérouse était peu actif en Loge il fût néanmoins conforté dans sa démarche, par la révolution américaine et sa proximité amicale avec le Comte Henri d’Estaing lui même Franc-Maçon.

 

LE CELEBRE VOYAGE

 

Après reçu ses instructions du Roi Louis XVI. Le célèbre voyage se met en place vers 1785, l’objectif découvrir des routes maritimes inconnues, il est programmé pour durée 4 ans avec deux navires L’Astrolabe et la Boussole. Partir vers Madère doublé le Horn se diriger vers l’Ile de Pâques puis successivement : Tahiti, emprunter la route de Bougainville vers Samoa et Tonga (dénommés alors l’Ile des Navigateurs et des Amis), la Nouvelle Calédonie, les Nouvelles Hébrides, les Salomon, la Louisiade, le tour d’Australie, relâche en Nouvelle Zélande, les Marquises, le Nord-Ouest  de l’Amérique du Nord, chercher une route reliant le Pacifique à l’Atlantique par la baie d’Hudson, la baie de Béring, le Kamtchatka, Canton, le nord des Mariannes, les Carolines, les Moluques, l’Ile de France (Maurice), le Cap Bonne Espérance et Brest.

Ce périple laissait néanmoins beaucoup de liberté au Capitaine on le comprend au regard de la longueur du Voyage.

Mais il ne s’agissait pas seulement d’une course autour du Monde, mais aussi d’un voyage je dirais encyclopédique bien rapport avec le siècle des lumières, les missions concernant l’étude du climat, les productions locales, l’astronomie, la géographie, la cartographie, la physique, l’histoire naturelle, les mœurs, véritable exploration du Monde, cela rappelle les voyages actuels liés à l’étude du climat et de la Mer, je pense à Tara.

 

Cette expédition sera minutieusement préparée, en prenant soin des hommes d’équipage le Roi souhaitait un minimum de pertes en vies humaines, l’hygiène et la santé furent des préoccupations majeures dans la préparation du Voyage.

Nous verrons plus tard les préparatifs du Voyage, l’armement et l’affrètement des navires 7 mois avant le départ de Brest le 1er Aout 1785.

JFG.  

Humour malicieux de Serge.

Humour malicieux de Serge.

LA PUISSANCE INITIATIQUE DES VOYAGES

Il y a beaucoup de similitudes entre les voyages maçonniques et les récits initiatiques des grands voyageurs de l'Antiquité à nos jours chargés de symbolisme. Vous noterez certainement la présence de chiffres symboliques comme le 3, le 5, le 7, le 9 et le 12 qui était le nombre des apôtres.

Nous sommes tous de grands voyageurs, de la naissance à la mort, confrontés chacun a de nombreuses épreuves plus ou moins douloureuses qui jalonnent notre vie pour en faire le plus exceptionnel des parcours initiatiques qui nous permettra de grandir intellectuellement et spirituellement en gravissant progressivement les degrés de la sagesse, de la connaissance et de la maîtrise de soi-même afin de nous conduire dans la sérénité à l'automne de notre vie vers l'ultime voyage initiatique à l'Orient éternel.

C'est peut-être notre quête du Graal

Pour découvrir la planète terre, la voie maritime fut l'un des premiers voyages initiatiques entrepris par l'homme en quête d'aventure et de conquête. C'est la confrontation avec les quatre éléments: la terre l'eau, l'air et le feu. L'élément liquide, la mer océane d'où il vient probablement l'a toujours attiré malgré les peurs qu'elle inspire et les épreuves qui s'abattent sur ceux qui osent l'affronter. On a longtemps cru que l'océan était peuplé de monstres marins, dragons et pieuvres géantes, le Léviathan.

ARISTOTE et son disciple PLATON pensaient qu'il existait Trois sortes d'hommes: Les vivants, les morts et ceux qui vont sur la mer.

Les marins de l'antiquité croyaient que la terre était un disque plat et qu'aux confins de l'horizon, on risquait de tomber dans un gouffre sans fond.

Copernic et Galilée ont été condamnés par l'inquisition pour avoir démontré que la terre était ronde.

Les oeuvres de nombreux écrivains sont inspirées d'épreuves initiatiques. Jules Verne en est une exemple incontestable: Le tour du monde en 80 jours qui a initié le trophée Jules Verne, la course autour du Monde; Vingt mille lieues sous les mers; les Indes noires; l'étoile du sud. Il en est de même pour Antoine de Saint Exupéry auteur du Petit prince et Terre des hommes.

les bandes dessinées d'Hergé qui ont réjouit mon enfance ont une conotation initiatique et très symbolique. Rappelez vous, le secret de la Licorne: Le parchemin permettant de retrouver le trésor indiquait:

Trois frères unis, trois licornes naviguant de conserves au soleil de midi parleront. Car c'est de la lumière que viendra la lumière et resplendira la croix de l'aigle.

Cette citation nous interpelle car il s'agit en fait de l'aigle de Saint Jean l'Evangéliste, celui même de Pathmos, auteur de l'apocalypse.

Plus contemporaines citons, les bandes dessinées d'Hugo Pratt, Corto Maltèse, Bourgeon et les Passagers du vent.

Les grands compositeurs ne sont pas en reste. Mozart a composé la flûte enchantée à la gloire d'une initiation maçonnique; GLUCK avec Orphée dans sa descente aux enfers pour ramener du monde des morts Eurydice, sa bien aimée.

Quant aux peintres, leurs oeuvres allégoriques sont nombreuses. citons par exemple Charon traversant le Styx pour accompagner les âmes des défunts jusqu'au Royaume des morts (Joachin Patenier).

La maçonnerie opérative illustre depuis l'édification inachevée du Temple de Salomon, les mystères des pyramides et la construction des cathédrales au Moyen age, les 3 degrés de la Franc-maçonnerie: apprentis,compagnons et maitres qui excellaient dans les arts royaux avec la maitrise de la géométrie, du compas et de la règle pour réaliser leurs plans sur la planche à tracer, l'utilisation de l'équerre pour équarrir les matériaux à angle droit, du niveau pour placer horizontalement les pierres les unes à coté des autres, et la perpendiculaire pour élever les bâtiments parfaitement d'aplomd sur leur base.

Nous pouvons encore admirer leurs chef- d'oeuvres réalisés à la gloire du GADLU

Cervantes, longtemps prisonnier des barbaresques ne disait-il pas:

Apprends qu'un homme n'est pas plus qu'un autre s'il ne fait pas plus qu'un autre.

Mais revenons à la mer océane, grande puissance initiatique depuis la nuit des temps de la mythologie grecque aux grandes courses océaniques de notre époque.

L'homme a probablement navigué dès la préhistoire, chevauchant dans un premier temps des troncs d'arbres au gré des vents et des courants marins.

Et puis progressivement, au fil des siècles, il a creusé les troncs pour en faire des pirogues rustiques propulsées par des pagaies puis des voiles.

Les pirogues ont évoluées en embarcations plus sophistiquées et plus grandes pour affronter les houles océaniques et les vents alizés. La connaissance des astres a permis d'abord sans instrument de se déplacer d'îles en îles. C'est ainsi que les Maoris peuplèrent les mers du sud et la Polynésie.

Ptolémée établit les bases de l'astronomie et de la géographie.

Les Chinois inventèrent la boussole qui devint le compas.

Les astronomes, les opticiens et les mathématiciens mirent au point le baton de jacob, l'octant puis le sextant pour trouver leur latitude en calculant la hauteur des astres sur l'horizon.

Les progrès du calcul du temps permis beaucoup plus tard de se positionner en longitude et de calculer avec de plus en plus de précisions ses coordonnées géographiques. A l'époque de Marco Polo, Magellan, Vasco de Gama et de Christophe Colomb, la conquête du monde arrivait à son apogée avec des navires plus sûrs, plus puissants, des instruments de navigations plus précis et des portulans ou cartes marines plus proches de la réalité qui commencait à tracer les contours des continents et indiquer la position des îles aperçues, longées ou abordées. Lors de la découverte des Indes de l'ouest par Christophe Colomb, on ne croyait qu'à l'existence de 3 continents et il pensait découvrir le paradis terrestre au lieu des iles caribéennes.

Mais les récits anciens de la mythologie relatent des navigations plus aléatoires et aventureuses.

Trois de ces récits illustrent la puissance initiatique des voyages:

La quête de la Toison d'or

l'Odyssée d'Homère

et l'expédition de THESEE pour vaincre le Minotore

De nombreux lieux portent encore le même nom qu'à l'époque d'HOMERE. Mais si la cartographie était inexistante, les nefs de l'Antiquité peu performante ne pouvaient naviguer qu'au vent portant. Les instruments de navigation étaient inexistants . Au fil des siècles, les contours de la Méditerranée et de ses îles subirent de nombreuses modifications à cause des mouvements tectoniques importants qui ont provoqués la disparition de grandes civilisations comme la civilisation Minoenne en Crête suite à l'éruption du volcan de Santorin et du raz de marée (on dirait Tsunami maintenant) qui la fît disparaître en partie 2000 ans avant JC.

L'aventure maritime et initiatique de JASON est probablement la plus ancienne connue. Homère l'évoquait déjà et on y trouve des éléments de preuves dans les récit anciens.

Ce voyage initiatique devait permettre à JASON de conquérir la Toison d'Or jalousement gardée par un dragon invincible. Appolonius de Rhodes raconte qu'après avoir surmonté de nombreuses épreuves, JASON et les Argonautes parvinrent en Colchide sur les rives de la mer noire où le roi ACETES, fils d'HELIOS régnait en maître absolu.

Avec la complicité de MEDEE, fille du roi, JASON réussit à s'emparer de la toison d'or. Dans sa fuite éperdue, il rencontre la belle CIRCE sur l'île d'AEA où fera escale Homère beaucoup plus tard. Ils continuent leur périple en Lybie, en Crète puis à Corynthe, ponctué de nombreuses aventures périlleuses et d'épreuves initiatiques.

L'Odyssée, récit d'aventures maritimes d'Ulysse, roi d'Ithaque, attribué à Homère est un fabuleux voyage initiatique aux confins de la Méditerranée, MARE NOSTRUM riche d'enseignements symboliques:

Le chant de l'Odyssée qui porte le nombre 3, âge du futur apprenti initié aux mystères des trois premiers nombres et qui demande l'entrée du temple a beaucoup de similitudes avec les questions qui lui sont posées:

Etrangers, qui donc êtes vous?

d'où venez vous en navigant

sur les routes des eaux?

Est-ce en vue d'un négoce,

où bien errez-vous à l'aventure,

comme font les pirates

Qui errent sur les mers

Exposant leur vie

et portant le ravage

sur les cotes étrangères.

Que demande-t-on au profane qui frappe à la porte du Temple, si ce n'est qu'il soit libre et de bonne moeurs?

Parmi les nombreuses épreuves qu'Ulysse devra affronter, il sera poussé par des vents furieux et une mer démontée pendant 9 jours. Il abordera le pays de lotophages qu'il fuira avant de dériver au gré des courants marins au pays des cyclopes. Il affrontera le cyclope Polyphème accompagnés de 12 compagnons dont 6 perdront la vie pendant le combat. Ulysse parviendra à crever l'oeil unique du cyclope en l'ennivrant mais celui-ci, survivant à cette blessure bien qu' aveugle essaiera de couler la nef d'Ulysse en balançant d'énormes rochers du haut de la falaise.

Le périple initiatique se poursuit à la rencontre du Dieu du vent EOLE qui lui remet à son départ une outre remplie de cet élément qui déclenchera une tempête, poussant la nef drossée à la cote sur l'ile de la magicienne CIRCE, fille d'HELIOS dieu du soleil et de l'Océanide Percé. Elle transforme ses ennemis en animaux en leurs faisant boire un breuvage composé de gruau d'orge, de miel vert, de fromage et de vin auquel elle ajoute un violent poison, la stramoine, dont le principe actif est l' atropine.

Ulysse échappe aux maléfices de la belle Circé qui est tombée sous son charme grâce à la protection d'HERMES et de ZEUS, dieux des voyageurs.

Parvenu chez les Cimmériens à l'entrée du monde souterrain, Ulysse entre en contact avec l'âme des morts et l'esprit des vivants. Sur le chemin du retour il doit avec ses compagnons résister au chant mélodieux des sirènes qui entrainent les marins envoutés vers les écueils. Il double enfin les gouffres mythiques situés au nord du détroit de MESSINE entre Charybde et Scylla où il doit affronter une mer démontée et fait naufrage. Il est recueilli par la divine Calypso qui lui promet l'immortalité s'il reste auprès d'elle?

Mais Ulysse après 7 années d'amours fougueuses partagées avec la nymphe décide de poursuivre son voyage initiatique

HOMERE écrit dans le chant V de l'Odyssée ( âge du compagnon):

La divine Calypso le laissa quitter l'île après l'avoir baigné et revêtu de vêtements parfumés. La Déesse plaça deux outres sur le radeau, l'une de vin noir et l'autre plus grande qu'elle avait rempli d'eau. Elle mît aussi à bord des provisions contenues dans un sac en cuir et une grande abondance de mets réconfortants. Puis, elle fît souffler une brise favorable d'un tiède douceur.

Quant au récit de THESEE, la mythologie nous ramène en CRETE où il devra vaincre le Minotaure, monstre mi-homme, mi taureau né des amours contre nature de PASIPHAE, soeur de CIRCE et d'un taureau envoyé par POSEIDON, Dieu de la mer.

Ariane, fille de MINOS, roi de Crète, follement amoureuse de THESEE lui remit une bobine de fil qui lui permit de retrouver le chemin du retour dans le labyrinthe construit par Dédale qu'il devra emprunter pour tuer le Minotaure et s'enfuir avec sa bien aimée.

Il terminera son voyage en doublant le Cap Sounion, sa nef parée de voiles noires, signe de deuil, ce qui provoquera le suicide de son père terrassé par la douleur, qui se jeteras du haut de la falaise, à l'annonce de la mort de son fils disparu lors de cette aventure initiatique maritime.

On pourrait évoquer bien d'autres voyages initiatiques comme:

La grande Troménie de Locronan où les rites solaire, celtes et druidiques s'associent aux rites chrétiens tous les 6 ans en Bretagne et attire des foules de pélerins;

les grands pélerinages sur la route de Saint Jacques de Compostelle;

Où bien encore les pélerins qui se rendent au Mont Saint Michel, à travers les sables mouvants de la baie pour gravir les trois degrés du Rocher aux allures de grande pyramide triangulaire, équilatérale:

Le premier niveau réservé, aux matériaux, aux outils, aux vivres et aux biens terrestres;

le second consacré aux activités de l'esprit avec le scriptorium et le troisième degré le plus élevé réservé aux activités spirituelles.

Permettez moi de terminer cette réflexion par une citation de Victor HUGO qui illustre mon propos:

"Donner du sens aux voyages, c'est donner du sens à sa vie"

​Texte proposé par un des Lecteurs du Blog A. L

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