Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.
Balloté de toutes parts comme un fétu de paille livré à un vent mauvais, l’homme moderne avance les yeux fermés. Disloqué, sollicité continuellement, il a perdu le sens de la vie, de sa vie. Il s’enferme, se pelotonne, s’archipélise, se réfugie loin du monde, de l’autre. Fasciné par le silence des îles et des déserts, inconsciemment il recherche la nature, sa nature originelle. Il recherche le centre qui est partout. Il veut à nouveau s’émerveiller. Personnellement, plus j’avance en âge, plus je deviens sensible comme un enfant, plus je m’émerveille de la nature, des choses simples, plus j’arrête mes pas, sans doute parce que mon allure diminue sous le poids des ans. Je me surprends parfois à mêler mes larmes à la rosée que la lumière de l’aube a déposé sur le velours des pétales de la rose. Ou encore souvent je ferme les yeux pour accompagner le soleil en feu qui disparaît derrière l’horizon dans un monde inconnu.
Toutes les technologies bruyantes semblent désormais sans intérêt, superficielles au regard de l’immensité, de l’absolu, de l’infini. Elles ne sont que des hochets dérisoires agités devant nos yeux, pâles ersatz du monde réel, le seul monde qui vaille celui des poètes. Tous ces objets inutiles, périssables nous tiennent en exil loin de nous-mêmes, de notre être intérieur, notre maître secret.
« Il nous faut sans cesse réapprendre à habiter le monde, à savourer les virgules du temps et les ponctuations de l’espace. » (1)
Il est sûr et certain que même au plus noir de ce monde, il y a la Lumière. Cette lumière au sens propre comme au sens figuré que nos admirables frères ukrainiens maintiennent allumée, pour eux mais aussi pour nous. À nous de faire aussi le choix des forces du mal ou du bien, nos frères dans leur combat contre l’injustice savent que l’on ne peut pas éteindre la flamme qui brille sans cesse dans le cœur des hommes, ils savent que depuis les temps les plus anciens depuis que Thémis la déesse de la justice, s’est assise à côté de Zeus la justice chasse et remplace toujours la barbarie. Nos frères d’Ukraine témoignent de la Force de l’humanité, l’espérance les encourage dans leur lutte pour notre bien commun. Nous sommes tous des enfants de l’Un, de l’universel, c’est pourquoi nous marchons le cœur rempli de Force, de Sagesse et de Beauté. Nous marchons ensemble vers cette grande fête que les grecs appelait théophanie (theophánia) où l’on exposait toutes les statues des dieux à Delphes comme autant de vertus rassemblées. Le Franc-Maçon se rend aussi à cette fête mythique où les Vertus triomphent des vices. Quel beau voyage !
(1) Bernard Chevillai Directeur de la publication. de la revue Ultreïa. Extrait de la revue N°4 Feuille de route.
Jean-François Guerry.
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PARUTION
Ma Très Chère Sœur,
Mon Très Cher Frère,
L'Académie Maçonnique Provence et les Éditions Ubik sont heureuses de vous annoncer la sortie du livre de David Taillades dans la collection l'Intégrale. L’ouvrage est disponible dès aujourd'hui, en cliquant sur la couverture ci-dessous
Aperçus sur les origines médiévales
de la Franc-maçonnerie
Alors que depuis longtemps est répété en boucle que la Franc-maçonnerie spéculative est une invention du début du XVIIIe siècle, ce titre ne peut qu’interpeller.
En effet, à quoi bon évoquer des origines médiévales, légendaires ou mythiques pour certains, alors que le sujet serait épuisé ?
Mais combien sont ceux qui sont allés aux sources de la théorie dominante, pour la tester à partir d’une analyse critique conduite selon une démarche scientifique ? Combien sont ceux qui se sont plongés dans les documents afin de voir, par eux-mêmes, ce qu’ils disent, notamment les Old Charges?
C’est à cette découverte que partira le lecteur qui ne craindra pas de voir certaines “vérités” sérieusement ébranlées.
Toujours disponibles : Marc Halévy, Construire Dieu, construire le monde Alain-Noël Dubart: La Franc-maçonnerie entre passé et avenir
Marc Halévy, Après la Modernité, quelle Franc-maçonnerie ? Marc Halévy, Kabbale et Franc Maçonnerie. Louis Trébuchet, Le désir des collines éternelles
Louis Trébuchet, Appel aux racines spirituelles du REAA
Michel Fromaget, Corps, Âme, Esprit: Liberté, Vérité, Beauté
Solange Sudarskis, Il était une fois un mythe, Hiram Jean-François Guerry, Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie Claire Reggio: Temple et lumière, une question d'orientation ?
La date a été fixée pour la video-rencontre organisée par Ar Gedour sur les "Portes du sacré". J'ai le plaisir de vous annoncer que celle-ci aura lieu le mardi 28 mars à 18 heures. Vous pouvez d'ores et déjà réserver cette date et vous inscrire sur le site d'Ar Gedour :
FNAC de Vannes - Parc Kerlann - 46, Rue Théophraste Renaudot 56000 Vannes.
La rencontre d'un auteur est toujours un moment rare et privilégié, vous aurez le bonheur de pouvoir échanger avec Charles-Bernard Jameux le Samedi 11 mars 2023 il sera présent F N A C de Vannes entre 14h et 18h 30 pour la dédicace de son dernier ouvrage. "Paroles de francs-maçons. Mémoires maçonniques et libertaires."
Vu dans la Bibliographie de la Revue le Maillon.
Le maillon n°152 - Décembre 2022
Paroles de franc-maçon : mémoires maçonniques et
libertaires
par Charles Jameux
Éditions Le compas dans l’œil, 2022, 127 p., 22 €.
Charles Jameux a eu plusieurs vies, lesquelles se sont rassemblées en un fleuve qui, aujourd’hui, rejoint l’océan breton. Cinéma, surréalisme, anarchisme et Franc-maçonnerie en sont quelques-unes. Aucune de ces rivières ne s’est enlisée. Son livre s’ouvre sur une lettre à son fils puis
nous donne à lire des travaux qu’il a proposés à son obédience et à sa Loge qui s’était mise sous l’égide de l’anarchiste et pédagogue Franc-maçon Francisco Ferrer, fusillé en 1909.
Esprit de révolte, de poésie, quête spirituelle rendue accessible à ceux qui n’ont aucune idée de cette puissance de la pensée qu’éveille en chacun la Franc-maçonnerie, ce livre est à mettre entre toutes les mains car chacun y sentira passer le grand souffle de liberté propre à notre démarche comme la secrète émotion qui ne cesse de nous donner la force de continuer le chemin.
Marie-Dominique Massoni
La presse en parle, article de Ouest-France
Charles-Bernard Jameux interview Ouest-France le Palais- Belle-Île en Mer.
Comment avez-vous connu le surréalisme ?
A l’âge de 21 ans, je suis né en 1943, j’ai connu André Breton, principal animateur et théoricien du surréalisme, groupe que j’ai intégré jusqu’en 1969, époque à laquelle la succession d’André Breton, disparu en 1966, m’a posé problème. Si je me suis retiré du groupe, je n’en ai pas abandonné l’esprit ni ses valeurs, qui sont l’amour, la poésie et la liberté. Je les ai retrouvées sous une autre forme dans la franc-maçonnerie, avec la fraternité et la tolérance qu’elle prône.
Initié en 1977, j’ai été grand chancelier de la Grande Loge de France de 1998 à 2001, une sorte de ministre des affaires étrangères de l’obédience ; le fait que je parle allemand et américain m’a aidé dans cette tâche. Je suis, par ailleurs, issu de la 19epromotion de l’Institut des hautes études cinématographiques, devenu Fondation européenne des métiers de l’image et du son. J’ai travaillé à l’ORTF puis à la SFP de 1964 à 1998, grâce à l’appui de Léopold Schlossberg, producteur, le mari de Madeleine Sologne.
Quel est votre regard sur la franc-maçonnerie ?
Elle permet de satisfaire un besoin d’altruisme et de vivre ensemble, comme on dit maintenant. C’est une utopie initiatique basée sur une spiritualité toute simple, pas religieuse ; je suis athée. Si la situation faite à la franc-maçonnerie n’est pas toujours bonne, je m’applique à communiquer, ce que ne fait pas la loge à laquelle j’appartiens. Je donne des conférences à des profanes, en utilisant des mots simples de la langue française ; je parle de président de la loge et non de vénérable ; j’évoque nos réunions bihebdomadaires et non des tenues.
Quelle est l’idée directrice de votre nouvel ouvrage ?
Un père de famille et un franc-maçon partagent ce désir de transmission de la mémoire. L’un et l’autre ne font qu’un ; ce sont donc des expériences vécues, riches et intimes d’où jaillissent des fulgurances, comme ce sentiment d’appartenance à cette âme universelle faite de force, de sagesse et de beauté.
Au fil des pages, un fil ténu se tisse : celui d’une franc-maçonnerie qui est une construction qui sublime la réflexion et lui donne, en quelque sorte, ses lettres de noblesse. J’ai beaucoup travaillé sur les origines de la franc-maçonnerie… pour arriver à une théorie : elle serait née en Écosse, en 1637.
Mieux connaître l'auteur:
Charles-Bernard Jameux poète, écrivain, un des derniers du mouvement surréaliste d’André Breton qu’il fréquenta dans sa jeunesse. Charles-Bernard est diplômé de l’Institut des hautes études cinématographiques, il a fait sa carrière dans l’audiovisuel ORTF et SFP. En 1977, il est initié franc-maçon à la Grande Loge de France, dont il est encore membre, 45 ans de fidélité. Il est également membre du Suprême Conseil de France détenteur de la titulature la plus élevée du Rite Écossais Ancien et Accepté le plus universel de la Franc-Maçonnerie.
Il a occupé des responsabilités à la tête de son obédience dont celle de Grand Chancelier, il fut aussi Directeur de la rédaction de sa revue Points de Vue Initiatiques, revue de la Grande Loge de France. Directeur de la collection Pierre Vivante aux Éditions Dervy. Chercheur et cherchant il s’intéresse à l’histoire de la Franc-maçonnerie vingt années de recherches, qu’il l’on conduit notamment en Écosse, après l’étude des anciens statuts fondateurs de l’institution, le décryptage des ouvrages de David Stevenson (Les origines de la Franc-maçonnerie le siècle écossais 1590-1710) et de Frances Yates (L’Art de la mémoire). Charles-Bernard Jameux produit une thèse originale sur les origines de la franc-maçonnerie spéculative et ses racines profondes.(Les sources antiques de la transmission initiatique en franc-maçonnerie : l’art classique de la mémoire, 1995) Ses travaux, l’amène à écrire plusieurs ouvrages sur ce thème : L’art de la mémoire et la formation du symbolisme maçonnique ainsi que Franc-maçonnerie temps, mémoire, symboles il a été traduit en anglais et diffusé aux États-Unis d’Amérique Memory Palaces and Masonic Lodges : Esoteric Secrets of the Art of Memory. Il est aussi un conférencier apprécié de tous publics, pour sa bienveillance, gentillesse et sa fraternité.
Paroles de Franc-maçon Mémoires maçonniques et libertaires, est le titre de son nouveau livre édité à l’été 2022. Il y dévoile à la fois, une partie de son intimité ce qu’il est après son parcours initiatique de plus de 45 ans. Mais aussi sa foi maçonnique, croyance non dogmatique en des valeurs universelles et intemporelles qui libère l’homme. Il a jugé que le temps était venu de faire profiter les Sœurs et les Frères, ainsi que tous ceux qui sont à la recherche d’une vie plus humaine et plus spirituelle, il dit surtout tout le bonheur et de la joie qu’il a reçu et qu’il reçoit encore de cette expérience initiatique. C’est, sans prosélytisme qu’il fait part de cette possibilité qu’offre la Franc-maçonnerie, de ce don offert à ceux qui veulent donner un sens à leur vie. La Franc-maçonnerie, ordre initiatique traditionnel basé sur la fraternité avec ses valeurs morales est une voie qui permet de vivre un peu mieux.
Jean-François GUERRY.
Du même auteur.
Et aussi :
"Le surréalisme" Collaboration à l'ouvrage collectif. Entretiens du colloque de Cérisy-la-Salle, Editions Mouton, 1968
"Le vaisseau de feu" Chez l'auteur, 1980
"Souvenirs de la maison des vivants" (A.G. Editions, 2008)
De quoi ce mot,responsable, est-il le lieu, le locus ? Et si on oubliait un instant l’injonction morale un peu raide qui est attachée à ce mot. Pour revenir à ce sens premier : être en capacité de répondre. La responsabilité comme une relation. Ne pas affirmer, seulement répondre. Répondre de quoi, pour qui ? À qui, à quoi suis-je relié ? Ce motresponsableest trompeur : il nous met en première ligne. Le responsable serait celui qui a pouvoir sur une situation, une organisation. Illusion, il ne s’agit que de répondre.
On répète à l’envi qu’il convient d’être responsable de ses actes. Mais, avant cela, la responsabilité est affaire de parole. Et puisqu’il s’agit d’apporter une réponse, avant même de répondre, il suffit d’écouter pour savoir à qui et à quoi répondre. Après, seulement après, la réponse pourra venir et s’exprimer pleinement et simplement : je te donne ma parole. Tu peux me prendre au mot. Et dans cette responsabilité, je vais même répondre de mes actions et de celles des autres qui m’en ont confié la charge.
Tout est relation. « Tu es responsable de ce que tu as apprivoisé », disait le Petit Prince de Saint-Exupéry à sa rose. En clair, la responsabilité ne va pas sans amour, sans souci de l’autre. On est toujours responsable, intimement, au plus profond de soi. Faut-il croire celui qui nous dit que le flocon de neige n’est pas responsable de l’avalanche ? Le papillon, et son célèbre effet, est-il responsable de la tornade qu’il déclenchera à des milliers de kilomètres ? Assurément, car l’autre mot pour dire responsable, est tout simplement « Un », comme unité du vivant. Responsable de tout et de tous. De toutes roses. Écoute la musique du monde pour tenter de répondre.
Vous pouvez également répondre à cet e-mail pour laisser un commentaire.
Si nous étions capables d'écouter, l'autre, les autres nous aurions fait un grand pas sur le chemin de notre combat contre l'ignorance et La Défense de la justice n'est-ce pas ce que nous demande la Franc-Maçonnerie.
Nous serions en effet plus responsables, moins inconséquents dans nos gestes, nos paroles, moins arrogants plus humains, plus aimants, plus humains tout simplement. Capables d'écouter et de comprendre le langage des oiseaux et des fleurs.
Merci à Jean Dumonteil pour cet éveil de nos responsabilités.
RÉFLEXION : Analogies entre Pérennialisme et Franc-Maçonnerie- Part VIII- Conclusion temporaire.
Après cette courte réflexion, il y a lieu peut-être de renvoyer dos à dos les mystiques dogmatiques et les modernes existentialistes ? Les partisans de l’Orient qui serait un idéal spirituel et les partisans de l’Occident inconditionnels de la raison.
Souvent certains occidentaux, sont fascinés par l’Orient, sans doute une attirance sans mesure pour un exotisme spirituel idéal, parangon d’une pureté originelle. S’il existe quelques territoires peu peuplés comme le Tibet, le Bhoutan en Asie ou encore en Amazonie d’autres minorités qui même rassembler ne peuvent revendiquer une universalité et encore moins une supériorité spirituelle.
L’occidental qui au milieu de sa vie, au midi de sa vie commence un travail sur lui-même et regarde l’héritage légué par ses ancêtres peut revendiquer une spiritualité élevée. Il lui suffit parfois simplement d’ouvrir la fenêtre de sa maison, pour contempler la pâleur de la lune et les myriades d’étoiles propices à son élévation spirituelle, comme le soleil à son lever au point du jour, annonçant l’apparition de la grande lumière. Orient et Occident forment l’unité de l’univers, pourquoi n’y aurait-il pas une unité spirituelle, une unité primordiale, une religion universelle.
Suivons la pensée de Frithjof Schuon : « Pour en revenir au fond de la question : on peut dire que l’Occident moderne est « dévié » tandis que l’Orient traditionnel est « décadent ».
Il reste donc à l’homme occidental certaines qualités héritées de sa tradition et l’homme oriental résiste en tant que véhicule de sa tradition. L’homme occidental, raisonnable à une tendance à l’oubli de l’essentiel, de son essence, tandis que l’homme oriental vit partiellement sous l’hypnose de l’absolu. Et si le Franc-Maçon homme libre et ouvert à la recherche de la Vérité et la Lumière était une incarnation une conjugaison de ces deux hommes. Ou au moins à la recherche de la construction de cet homme fait de matière et d’esprit et espère se perfectionner.
Ainsi F. Schuon nous interroge : « Si l’homme oriental, du fait de son traditionalisme, était cet homme totalement supérieur que d’aucun ont imaginé, il ne se moderniserait pas avec un zèle si démesuré…inversement, si l’occidental, du fait de sa modernité, était un homme à rééduquer de fond en comble, il ne s’intéresserait pas à l’art et la spiritualité de l’Orient…Le problème, ou la solution, n’est pas une réforme de l’Occident par l’Orient, c’est une réforme du monde entier par la Vérité tout court et ceci n’est possible que part l’intermédiaire du Très haut, à laquelle nous devons participer sur notre plan. Car aide-toi et le ciel t’aidera. »
Cette recherche de la Vérité, de l’harmonie cette quête de la Connaissance est le chemin du Franc-Maçon, perfectionnement de l’homme, élévation de sa spiritualité pour une action « hic et nunc »,maintenant et sans délai, ici et maintenant. Le Franc-Maçon grâce son travail et sa persévérance dans sa construction s’élève. Il devient un humble chevalier d’Orient et d’Occident, un soldat de l’universel, conscient qu’il existe une Tradition primordiale, une forme de religion universelle centre d’union fraternelle sans limite. Dis autrement jadis il y a plusieurs pièces dans la maison de l’éternel. Chacun à sa pièce, il suffit d’avoir la clé pour ouvrir sa porte, le Chevalier du Soleil a la clé. F. Schuon évoque le fait que nous nous trouvons dans l’âge de fer ou sombre qui affecte toute l’humanité sans distinction ténèbres d’où sortira la Lumière par révélation et par apocalypse, il reste toujours après l’espoir l’espérance. Si nous constatons l’absence d’unité, la collision entre des mondes qui ne se comprennent pas, dans ce monde clivé, composé d’archipels qui consacre le règne de l’individualisme. L’Orient est-il sensé venir au secours de l’Occident, mais quel Orient ? Celui des dictateurs, des despotes, qui utilisent les religions de leur pays elles-mêmes complices, comme en Russie, en Inde, en Iran, en Turquie doit nous interroger.
Les extrémismes poussent à l’ombre des arbres des religions qui sont souvent incapables d’éliminer ces nématodes (petits animaux) qui pourrissent les racines et les branches, en détournant le meilleur de leurs vertus, dont celle de la tolérance et de la fraternité.
Inversement, quel Occident ! Cet Occident où l’intelligence est mue par la raison, par la critique poussée parfois jusqu’au déraisonnable. Un Occident qui engendre les confusions et les amalgames allant jusqu’à refuser l’éducation au fait religieux, susceptible d’ouvrir l’esprit aux hommes de bonne volonté et combattre l’ignorance, qui fait le lit aux extrémistes.
F. Schuon écrit : « Comme si la faculté rationnelle était toute l’intelligence, et la seule intelligence. » Faut-il dès lors espérer le retour d’une forme de Théosophie, Théosophie dont il est utile de rappeler la définition : doctrine ésotérique du divin, fondée sur la contemplation de l’univers et l’illumination intérieure. En résumé, une alliance du croire et du savoir, de la foi et de la raison, du combat contre l’ignorance, le fanatisme et l’ambition. C’est, le croire et savoir des grecs antiques comme : Pythagore et ses nombres sacrés, Platon son monde des idées, Aristote le maître du savoir, Plotin et son élévation spirituelle et aussi la loi d’Amour du christianisme. Cette Théosophie, est proche de la philosophie perennis. On retrouve la même démarche en Orient avec le Vedanta en Inde recherche de l’unité. On ne peut ignorer aussi, que l’ésotérisme d’Islam est aussi une voie de la Connaissance et de l’Amour.
Le Pérennialisme, la Tradition Primordiale, la philosophia perennis, la Franc-Maçonnerie présente donc des analogies avec ces pensées, on peut oser parler d’une voie spirituelle universelle permettant à l’homme de se construire, pour aller plus loin, plus haut sur le chemin de la spiritualité.
Jean-François Guerry.
F Schuon, R Guénon
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Le 14ème Cahier de l'Alliance la revue de la Grande Loge de l'Alliance Maçonnique Française est paru.
Le thème central de ce cahier est "La Mort" particulièrement à propos dans une période ou le politique s'interroge sur les conditions de la mort physique.
La Mort fait partie de la vie, elle est inéluctable, comme il nous faut apprendre à vivre, il nous faut apprendre à mourir, ce qui nous fait souffrir disait Épictète ce n'est pas la mort, mais l'idée de la mort.
La mort symbolique en Franc-Maçonnerie est présente dans de nombreux rituels, la Franc-Maçonnerie nous aide à vivre un peu mieux cette idée de la mort.
Dès lecture complète de ce 14ème Cahier de l'Alliance je vous ferais une recension complète.
Jean-François GUERRY.
VIENT DE PARAITRE-
La Mort au présent
face à l’éternel Orient
La mort est au cœur de l’expérience maçonnique, à toutes ses étapes, grâce à une méthode d’intériorisation singulière. La Franc-maçonnerie traditionnelle l’intègre puissamment, à travers l’expression symbolique des rites de passage et avec l’appropriation physique, mentale et spirituelle de la mort par l’initié.
Toutes les grandes philosophies et courants spirituels intègrent la mort. Contre tous les fantasmes transhumanistes, il faut affirmer que l’humanisme et le mystère de l’homme se fondent dans la reconnaissance de la fragilité de la vie, dans la vulnérabilité partagée.
Vivre, c’est apprendre à mourir, mourir à soi-même, à ce monde, à ses apparences, passer à l’éternité. De Pascal à Camus, quel est le sens de la vie ? Peut-on échapper à cette question du sens qui est aussi liée aux questions du temps et de l’altérité.
La mort est devenue le dernier tabou de nos sociétés modernes, elle est évacuée, escamotée. On ne meurt plus chez soi entouré des siens, mais majoritairement à l’hôpital, souvent dans la solitude, comme l’évoque magnifiquement Marie de Hennezel dans l’entretien qu’elle a accordé aux Cahiers.
Au sommaire
Fred PICAVET, On ne badine pas avec la mort Gaston-Paul EFFA, Les morts ne sont pas morts Marie de HENNEZEL, Face à la mort, nous sommes frères François-Xavier TASSEL, La mort pour décrypter la société Pierre PELLE LE CROISA, La mort est le sens de la vie Jacques TRESCASES, Réflexions d’un initié sur la mort Gaël de KERRET, Du songe à la mort : une lecture des Tenues funèbres Jean DUMONTEIL, La Franc-maçonnerie ou l’amour de la mort
« Cahiers de L’Alliance » n°14, La Mort au présent, Ed Numérilivre, Paris, février 2023, 120 pages, 20 €. – abonnement un an, 3 numéros, 48 €.
A commander sur www.eosphoros.fr ou www.numerilivre.fr
CONTACT- Jean-Claude TRIBOUT – cahiers.alliance@alliance.fm Février 2023
Phare de la Teignouse Baie de Quiberon
Dans la baie de Quiberon il y a, à l'extrémité de l'Île de Houat il existe un passage bien connu des navigateurs: "Le passage des Béniguets". Ce passage permet de relier l'île de Houat à Belle Île. Il est réputé dangereux pour les apprentis navigateurs.
Le Passage des Béniguets
Le 30 décembre 2019, un peu avant le passage en 2020. J'ai publié un article intitulé de le Passage. voir ci-dessous
Cette boule en dolérite est conservée dans une maison de Locmariaquer depuis des générations. Son existence avait été évoquée en 1892 mais personne ne l'avait vue depuis. Il n'y a que deux autres «maillets bénis» connus aujourd'hui. Photo François de Beaulieu
L'existence en Bretagne d'un «maillet béni» servant à un rituel autour des agonisants a fait et fait encore l'objet de nombreux débats. Il semble que cet objet légendaire soit porteur d'un très ancien symbolisme.
La légende du «maillet béni», généralement appelé «mel beniguet» en breton, qui aurait servi dans des temps lointains à fracasser le crâne des vieillards, n'a guère été prise au pied de la lettre que par quelques celtomanes naïfs. En fait, les témoignages concordent pour souligner qu'un «maillet béni»entrait dans l'arsenal des rituels de l'agonie pour faciliter le passage vers l'au-delà. Parmi ces rituels, on peut relever l'invocation de saint Diboan qui «guérit de toute peine» ou saint Tu-pe-tu qui fait «passer d'un côté ou de l'autre» (Tristan Corbière a consacré un poème à ce dernier). En certains endroits, on pouvait aller chercher un maillet béni qui était posé sur le front de l'agonisant.
Dix de perdus, un de retrouvé
Comme l'a fait remarquer l'ethnologue DonatienLaurent, on peut observer qu'une intéressante homonymie permet de confondre sous une même appellation une boule («mell», féminin) et un maillet («mel», masculin). Ce qui permet de comprendre que le fameux «maillet béni» pouvait aussi bien être, à l'oral, une petite massue ou un boulet. La première mention par l'historien Cayot-Delandre en 1847 fait la part belle à la celtomanie et concerne le site du Mané-Guen en Guénin: «Lesvieillards lassés de la vie se rendaient jadis sur son sommet afin que l'un des druides qui y résidaient les en débarrassât en les frappant avec la massue sacrée». Le plus célèbre «maillet» est en fait une boule et a longtemps été conservé dans un placard de la sacristie de la chapelle de Locmeltro en Guern (ilest aujourd'hui au presbytère); il est en granit, mesure 42 cm de circonférence et pèse 3kg. Unenote du linguiste JosephLoth (1847-1934) souligne que la présence du «mel» à Guern est ancienne: le nom même de Locmeltro est composé du préfixe «loc» qui désigne un oratoire ou une petite chapelle et de «meltro» qui signifie «le vallon de la boule» ! Onpeut d'ailleurs imaginer que le patronage de la chapelle par un saint Meldeoc quasi inconnu est né du besoin de christianiser les lieux et de proposer un nom «justifiant» celui du site. Une sorte de massue en bois ornée de cannelures et probablement achetée à Cléguérec est conservée au Musée du château des ducs de Nantes. Divers témoignages semblent attester l'existence d'un autre boulet à Quelven (Guern) et d'un maillet en bois déposé dans l'if du cimetière de Caurel. L'archéologue Zacharie Le Rouzic signale des «marteaux» à Carnac et «deux boules en schiste bleu foncé» qu'il aurait vues en 1893 dans la chapelle Saint-Germain en Brec'h (mais il n'y a pas de chapelle Saint-Germain à Brec'h, la plus proche est à Erdeven). C'est en 1892, qu'un amateur d'archéologie de Locmariaquer, M.Mahé signale l'existence d'un maillet béni. Il ajoute que ce dernier servait à tuer les vieillards avant une grande bataille afin qu'ils ne tombent pas aux mains de l'ennemi ! Or, ce maillet existe toujours: il a été retrouvé caché dans la terre battue sous la table de la cuisine d'une ferme de Locmariaquer. Ses propriétaires en connaissaient l'existence et disaient que la «pierrebénie» («men beniguet») «était utilisée jadis pour assommer et tuer les vieillards impotents devenus trop encombrants». On peut penser qu'il s'agit de l'objet dont parlait M. Mahé, d'autant plus que celui-ci était le propriétaire des terres de cette ferme et que les deux commentaires se rapportant au maillet sont très proches. L'objet, en dolérite comme beaucoup de haches polies, pèse 4,1 kg, sa circonférence la plus grande est de 44cm. Enfin, il faut citer le cas, noté en 1906, d'une hache préhistorique longtemps conservée par une famille de Corseul et que l'on venait emprunter «pour que les agonisants puissent l'embrasser au moment de mourir». Son dernier propriétaire s'est fait enterrer avec elle. Ceci suggère que les rituels liés au «maillet béni» n'étaient pas limités à un étroit territoire allant de Caurel, au nord à Locmariaquer, au sud. D'ailleurs, on a trouvé divers témoignages de rituels proches dans les îles britanniques.
Des racines très profondes
Des archéologues ont relevé que les figurations de haches se trouvaient en majorité à l'entrée des couloirs et des chambres des sépultures mégalithiques du néolithique armoricain. Ils en ont déduit qu'elles devaient être liées à des rituels de passage ou d'aboutissement. Par de complexes cheminements, ces symboles ont pu être recyclés dans des mythologies où des dieux sont armés d'une massue ou d'un marteau qui peut, soulignons-le, tuer ou ressusciter ! C'est le cas du dieu germanique Thor ou du celte irlandais Daghdha et ses homologues gaulois Taranis et Succelos. Les haches polies, «pierres de foudre», que l'on trouvait dans les champs n'étaient-elles pas la matérialisation de leur puissance ? On l'aura compris, les récits évoquant des vieillards achevés à coups de marteau reflètent seulement que l'on a perdu la pratique et la signification d'un rituel de passage aux profondes racines symboliques qui avait su s'adapter aux nouvelles religions presque jusqu'à l'aube du XXesiècle.
Mell benniget, la boule bénite. Adrien Maho au village de Saint Adrien près de la chapelle Saint-Barthélemy tient à la main une pierre ovoïde, ar mell benniget, qui facilitait le passage de l’âme dans l’autre monde. Photo Daniel Giraudon
Dans le Morbihan jusqu’à la limite des Côtes-du-Nord, on a beaucoup parlé d’une curieuse pratique, celle dumell benniget,le maillet bénit. Selon les témoignages, il s’agissait de mettre fin à la longue agonie d’un moribond en lui posant sur le front une pierre ovoïde conservée dans un sanctuaire religieux. On a voulu y voir le souvenir ancien d’une forme d’euthanasie. Mais sans aller jusque-là, ne s’agirait-il pas d’un rite de passage destiné à faciliter le départ de l’âme plutôt que d’aider le corps à mourir. On peut aussi se demander si, accompagnée du geste, la force de la croyance parmi le peuple ne suffisait pas à produire l’effet escompté, c’est-à-dire une mort douce, comparable aujourd’hui à l’extrême onction pratiquée par l’Eglise ?
Nous en avons trouvé d’autres traces ailleurs dans la mémoire des anciens, à la fois en Trégor et en Goëlo où elle subsiste sous forme de plaisanterie. Ainsi, dit-on en souriant à une personne très âgée :O, te zo bev atao, te vo ret lac’hañ ac’hanout gant an horzh vinniget,tu es encore en vie, il va falloir te tuer avec la masse bénite. On remarquera que la pierre a fait place à une masse en bois que l’on utilisait autrefois pour enfoncer les piquets des clôtures dans les champs.
En France aussi, on relève des traditions de la sorte, par exemple en Périgord et en Berry où il est question non plus d’une pierre mais d’un joug de bœuf, et aussi en Angleterre avec unholy mawle,maillet bénitou encore en Ecosse où l’objet utilisé est une quenouille.
Daniel Giraudon, natif de Binic (22), gallèsant et bretonnant, est professeur des universités (émérite) à l’Université de Bretagne Occidentale (UBO) et chercheur au Centre de Recherche Bretonne et Celtique (CRBC) de Brest. Docteur en ethnologie, il est l’auteur de nombreux ouvrages relatifs aux traditions populaires dont il a collecté la matière dans la mémoire des anciens. Il a obtenu en 2012 le prix Claude Seignolle pour son livre au sujet des croyances et légendes de la mort en Bretagne et pays celtiques,Sur les chemins de l’Ankou.
Proposé par : Bretagne Culture Diversité
Des morts errent parmi nous jusqu'à la Fin du Monde
Présentation de livre de Christian Rogel
Publié le 21/09/13 9:39 -- mis à jour le 00/00/00 00:00
Bernard Rio, journaliste et écrivain de métier, a, comme beaucoup de Bretons, un attrait vers les légendes celtiques et les anciens cultes, dont il cherche les traces. Son livre, dont le titre «Voyage dans l'Au-delà : les Bretons et la mort» résume bien le projet à deux faces. Du côté pile, il montre, avec force citations de toutes les époques, que la Bretagne a toujours été le lieu de pratiques originales, montrant une grande familiarité avec les morts, qu'ils viennent de «passer» ou justement qu'ils n'aient pas forcément réussi à passer, du premier coup dans l'au-delà. Il prolonge ainsi Anatole Le Braz et sa «Légende de la mort chez les Bretons armoricains» (1893).
Du côté face, l'auteur instruit un procès aux dernières générations de Bretons qui ont coupé les liens avec les morts et l'Au-delà, au point de ne plus être capables de les voir quand ils leur lancent des appels pour les aider à faire le grand saut. Ils ne respectent plus les traditions millénaires.
Autrefois, tous les Bretons savaient que l'Ankou, qui évoque un Hercule gaulois ou un Ogme irlandais, dieux capables de destruction ( voir l'article ), voyage en carriole la nuit pour aller ramasser les âmes et n'hésite pas à en cueillir au passage, si leurs propriétaires se promènent à une heure indue. Ils savaient aussi reconnaître les intersignes qui annonçaient les morts, ainsi que les voix plaintives ou les fracas venus des âmes qui hantaient les lieux de leur trépas, maisons, forêts ou étangs, et dont ils n'avaient pu s'éloigner. Ils entassaient, parfois, les squelettes exhumés dans les ossuaires et mettaient leurs crânes dans des petites boîtes sur des étagères. Avant l'enterrement, ils veillaient les morts, jour et nuit, quitte à faire bombance et à rire, danser ou chanter dans la pièce à côté.
Bernard Rio a recueilli des témoignages datant de moins de 50 ans auprès de personnes qui ont osé confier leurs cauchemars prémonitoires ou leurs visions, car, un mort peut envoyer un message par un répondeur téléphonique ou tout autre matériel. Il nous apprend ainsi qu'un logement de fonction du lycée de Pontivy est hanté par un moine du couvent qui se trouvait en ce lieu au XVIIIème siècle. Il rapproche la chevauchée de la déesse irlandaise Rhiannon, les récits de Dame blanche et l'auto-stoppeuse du pont de Plougastel. Il rapproche aussi la pratique du mell beniget (maillet béni), dont on frappait la tête du mort à l'emplacement de la fontanelle avec le rite identique pour les papes décédés mais le maillet est, alors, en argent.
Cette érudition et cette enquête sont accompagnées de remarques qui n'expriment pas seulement le regret d'un passé révolu. Bernard Rio déplore que les Bretons soient devenus si insensibles à la réalité de la présence des morts. Il convoque les accusés à son tribunal de papier : ils se nomment, selon les pages, le positivisme, le rationalisme et le «bazar du matérialisme». Derrière ces mots, il y a les rationalistes qui se nomment saint Thomas d'Aquin, Descartes et Kant. Ils ont étouffé ceux que le sort des âmes en peine sur terre préoccupait, saint Augustin, saint Bernard de Clairvaux et les évêques du Concile de Trente. Il faudrait dépasser le discours de la raison et admettre la coexistence du monde visible avec un monde invisible et la relativité d'Einstein y aiderait.
Chacun pourra donc lire le livre qui lui convient : un excellent manuel d'ethnologie bretonne ou un appel à une recherche des messages de l'Invisible.
L'iconographie de l'ouvrage est tout à fait remarquable.
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Voyage dans l'Au-delà : les Bretons et la mort, Éd. Ouest-France, 2013, 285 p. ISBN 978-2-7373-5809-8
Note : la peinture de Johann Heinrich Füssli (Henry Fuseli), réalisée en 1781, évoque le lien entre la cavale blanche et le cauchemar dont parle Bernard Rio.
Christian Rogel
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Marsile Ficin la Renaissance École Platonicienne de Florence
RÉFLEXION : Analogies entre Pérennialisme et Franc-Maçonnerie Part -VII-
Et si la Renaissance avait été la période de la fécondation ou pour le moins celle de la germination du Pérennialisme, de la Tradition Primordiale en même temps que la naissance des idées qui allaient structurer la Franc-Maçonnerie spéculative. L’acte de naissance n’aurait pas alors été signé dans les brumes de l’Écosse, mais sur les rives fleuries de l’Arno à Florence en Toscane. Plus précisément par les penseurs de l’Académie Platonicienne Florentine, dont le directeur fût Marsile Ficin (Marsillo Ficino) et le fondateur Cosme de Médicis en 1459. Cette académie consacra la résurgence du platonisme et du néoplatonisme grecs. Alors que le christianisme s’est répandu partout en occident sans partage, à Florence Marsile Ficin entreprend la traduction en latin des œuvres de Platon, Plotin, Porphyre de Tyr, Jamblique, Proclus et Hermès Trismégiste, ce qui va faire la renommée de cette académie, on se rappelle qu’il eut aussi un célèbre élève l’encyclopédiste aussi jeune que talentueux Pic de la Mirandole. Les exégèses de Marsile Ficin sur Platon avaient pour vocation de tenter de réconcilier l’église et Platon, église qui avait reconnu l’évangile ésotérique de Saint-Jean comme texte apocryphe. Marsile Ficin ne fût pas en conflit avec l’église tant qu’il ne s’intéressa pas à l’astrologie, il eut alors des « relations conflictuelles » avec l’inquisition et n’eut la vie sauve que grâce à ses relations et protections, comme d’ailleurs Pic de la Mirandole, d’autres comme Giordano Bruno n’eurent pas cette chance. Parmi les nombreuses œuvres de Marsile Ficin, son exégèse sur le Banquet de Platon et amore, ainsi que son ouvrage de limine sont restés à la postérité, on notera enfin qu’il s’est beaucoup inspiré de Dante et sa Divine Comédie.
Pourquoi faire une relation entre Marsile Ficin, le Pérennialisme, la Tradition Primordiale et la Franc-Maçonnerie. Simplement à cause de son intérêt pour la philosophie grecque de Platon et Pythagore, le néoplatonisme de Plotin, l’hermétisme et l’alchimie. Il dirigea et inspira cette académie de Florence, à un moment où le christianisme était dominant et qu’il s’était accordé avec la philosophie d’Aristote le meilleur élève de l’Académie de Platon. Alors que Platon voyait une certaine unité entre l’esprit et la matière, comme voie d’accès à la Connaissance. Aristote se distingua par sa méthode séparant matière et esprit, pour Aristote l’ordre matériel du monde est mesuré et organisé par la raison. Alors que tout ce qui touche au spirituel est plus intime, plus individuel et donc non mesurable par l’extérieur, grossièrement une voie de la raison associée à la science et une voie de l’esprit associée à la sagesse.
Marsile Ficin était proche dans sa pensée de l’évangile de Saint-Jean, de Plotin, de l’hermétisme et de l’alchimie on pourrait oser de ce qui allait inspirer la Franc-Maçonnerie spéculative, mêlant esprit et matière, vertus, sciences humaines et transcendance spirituelle. Je dirais équerre et compas ou encore les outils symboliques des petits mystères, et les vertus associées aux grands mystères, une forme d’ascension spirituelle, comparable aux hypostases plotiniennes.
Alors que la méthode aristotélicienne faisait peu d’ombre à l’église, séparant mieux matière et esprit, ce n’était pas le cas du platonisme et encore moins du néoplatonisme. Les grands mystères ésotériques étaient réservés aux penseurs et érudits initiés qu’ils soient laïques ou religieux. Ils étaient aussi les ferments de cette Tradition Primordiale, pérenne susceptible de traverser le temps et l’espace. Marsile Ficin peut nous apparaître dès lors en phase avec cette pensée universelle. Ne mettant aucune limite à sa recherche de la Vérité et de la Connaissance, il étudie les textes de la philosophie grecque et les ésotérismes religieux, ainsi que la Bible. Dans cette recherche de la vérité, il n’en reste pas moins comme Pic de la Mirandole un fervent catholique, démontrant que la philosophie universelle, la Tradition Primordiale n’a rien d’incompatible avec la foi religieuse, il en est de même pour les Francs-Maçons qui savent faire la différence entre foi religieuse et foi maçonnique.
C’est l’art de l’architecture et de la construction, qui expriment le mieux l’alliance entre Raison et Spiritualité. Guy Piau, ancien Grand Maître de la Grande Loge de France et 33èmedegré du R E A A dans une conférence consacrée à Marsile Ficin en Février 1992 écrit :
« Depuis l’antiquité, l’architecture est considérée comme le sommet de l’art. C’est le noble art qui permet, celui qui permet d’exprimer et d’exalter la beauté et l’harmonie. »
Cet art de la construction, ce symbolisme de la construction, construction des temples intérieurs, de ce temple qu’est l’homme qui se perfectionne, pour être en capacité de recevoir la lumière de la Connaissance et de la Vérité, élever son temple vers la vertu pour pouvoir contempler un jour l’Un. Le symbolisme de la construction du temple de Salomon Roi de Sagesse et de Justice n’a donc pas été choisi par hasard par les rédacteurs des rituels maçonniques émaillés par les mythes et les légendes qui sont exemplaires pour donner un sens à la vie des hommes de bonne volonté. Construire des temples à l’Universel.
Guy Piau toujours dans la même conférence écrit à propos de Marsile Ficin : « Pour lui l’architecture et la philosophie sont pleinement liées à l’exaltation de l’archétype universel de l’artiste qui est en l’homme dans sa vérité entre « le ciel de l’esprit » et la « terre du manifesté ». La partie la plus haute de l’homme est-elle celle ou se cache sa flamme artistique là ou se développe son intuition et son imagination qui lui fait vivre et créer des choses plus hautes et belles que lui.
Académie de Marsile Ficin à Florence
Guy Piau nous propose aussi cette citation de Marsile Ficin extraite de son commentaire sur le Banquet de Platon : « Si quelqu’un veut savoir comment la forme corporelle peut ressembler au concept de l’âme et de l’esprit et à la notion de raison, qu’il considère la construction d’un architecte. Celui-ci commence par concevoir une notion de l’édifice, comme une idée dans son âme. Puis il fait bâtir autant que possible l’édifice qu’il a imaginé. Qui peut refuser à l’édifice une certaine existence corporelle et nier qu’il ressemble à l’idée incorporelle de l’architecture à l’initiation de laquelle il a été bâti. » Ce qui constitue et fait vivre l’unité spirituelle, la tradition unique primordiale ne peut être que le lien d’amour commun à toutes les traditions, « l’amour qui meut le soleil et les autres étoiles ». Le lien d’amour est ce qui relie l’homme à son créateur, l’homme à tous les hommes de toutes les traditions et toutes les traditions à la Tradition Primordiale cette terre et ce ciel commun où se dissolvent les différences pour ne faire qu’un centre d’union fraternel.
Disserter, vivre sans cesse l’Amour, c’est reconnaître cette Tradition Primordiale pérenne dans le temps et l’espace être un fidèle d’amour.
On ne parle à mon avis pas assez dans nos Loges de la filiation entre de tels hommes comme Marsile Ficin et la Franc-Maçonnerie.
Je termine cette réflexion d’aujourd’hui avec Guy Piau Frère et poète fin connaisseur du florentin. « Nous pouvons comprendre que Marsile Ficin place l’Amour à l’origine de l’Univers, bien avant la création du monde, car il est de soi parfait. L’Amour est la clé de l’univers. Il accompagne en tout le chaos mais s’enfuit aussi du chaos afin d’illuminer les ténèbres… »
Ainsi, vous ne vous demanderez plus qu’elle est le mystère, la clé de la Franc-Maçonnerie, ni pourquoi autant de femmes et d’hommes y sont fidèles et persévérants, et pourquoi cette belle dame de 300 ans et plus est toujours aussi belle, parce qu’elle est fondée sur l’Amour fraternel, qui l’Amour inconditionnel du monde et de l’autre.
Jean-François Guerry.
À SUIVRE …
Note : Les citations et les textes qui figurent dans cet article sont tirés du livre de Guy Piau Franc-Maçonnerie et Hauts Grades paru en Janvier 2023 aux Éditions Numérilivre.
Guy Peau
Description:
Ce livre est destiné à tous ceux qui souhaitent avoir des informations simples et pratiques sur les Hauts Grades maçonniques dont on ne parle jamais dans les ateliers symboliques, ceux des premiers degrés où l’on est reçu comme apprenti, élevé comme compagnon et initié à la maîtrise.
L’auteur a reçu un enseignement alchimique en 1964 et a été initié dans une loge maçonnique en 1973. Il a été Grand Secrétaire puis Grand-Maître de la Grande Loge de France (1988-1990). Titulaire du 33ème et dernier degré du rite écossais ancien et accepté depuis 1989, il a écrit et publié plusieurs ouvrages sur l’alchimie et la franc-maçonnerie.
Il est un haut-fonctionnaire retraité, chevalier de la Légion d’Honneur et commandeur de l’ordre national du Mérite. Il a occupé des postes dans plusieurs ministères et a terminé sa carrière comme directeur général de l’hôpital Saint-Anne à Paris.
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Marsile Ficin et l'Académie Platonicienne de Florence à la Renaissance
RÉFLEXION : Analogies entre Pérennialisme et Franc-Maçonnerie Part-VI-
Porte d’Orient et Porte d’Occident, deux portes ouvertes vers un même chemin celui de l’élévation de l’esprit. On oppose trop souvent l’Orient et l’Occident, penseurs et initiés du Pérennialisme ont démontré dans leurs recherches, mais aussi et surtout dans leurs parcours de vie que l’on pouvait franchir ces deux portes grâce à la mise en œuvre de leur loi commune celle de l’amour.
Notre esprit occidental, cartésien a tendance à classer, caractériser ; nous voyons dans l’Occident du moins dans l’Occident moderne l’expression du rationalisme, du matérialisme, du sentimentalisme. L’Occident serait dominé par le seul règne de la raison donnant accès à toute connaissance. Pour l’occidental moderne, le spirituel et l’intellectuel se réduiraient à une forme de psychisme ou de psychologisme. Les lumières ont consacré le règne de la raison « le penser par soi-même ». La sacralisation de la raison trouve ses racines dans le Miracle Grec incarné par les philosophes figures de la sagesse, comme Platon et Aristote. Le prolongement, voir le rapt de la philosophie grecque à été réalisé par le christianisme. Cependant, on observe la résurgence à la Renaissance du platonisme ou plus précisément du néoplatonisme dont la figure emblématique est Plotin qui avec Pythagore représente la pointe la plus élevée de la Pyramide de la raison associée à la spiritualité, le monde des idées et la cosmologie et la symbolique des nombres. C’est Marsile Ficin qui fût le principal néoplatonicien de l’École de Florence où l’on trouvait Giordano Bruno ou encore le Phénix de la Renaissance Pic de la Mirandole. Plotin, était un Pérennialiste avant l’heure, il a fréquenté la marmite d’Alexandrie, (comme Pythagore) initié aux mystères de l’Égypte Ancienne, il aurait fait aussi un séjour en Inde comme nous l’avons déjà vu. Marsile Ficin hermétiste, alchimiste, féru d’ésotérisme a été sans aucun doute avec Giordano Bruno un des précoces inspirateur de la Franc-Maçonnerie spéculative (cf la thèse de Charles-Bernard Jameux sur la naissance de la Franc-Maçonnerie spéculative.) La révélation de l’ésotérisme chrétien en particulier de l’Évangile apocryphe de Saint-Jean, la loi d’amour et la compassion bouddhique et son sommet la pure altérité bienveillante concrétisent le principe d’une Tradition Primordiale centre d’union de l’Occident et de l’Orient.
Nous pouvons aussi observer, que la Renaissance et engouement pour les sciences à mis à mal le caractère exclusivement exotérique mais surtout dogmatique de la religion. Il est intéressant de lire Fritjof Schuon : « Les traditionnalistes oublient… que l’on ne peut empocher l’homme de faire des découvertes, et que, la découverte une fois faite, l’homme ne peut s’empêcher d’en tirer des conséquences raisonnables. » Plus loin F. Schuon poursuit : « La réalité physique garde forcément ses droits. Ce qui implique qu’elle est symbolique à son tour. Mais c’est le traditionalisme qui garde le dernier mot… Il ne suffit pas de percevoir la réalité objective, il faut aussi pouvoir l’assimiler ; ensuite il y a quelque chose qui manque gravement à la science dite exacte, et c’est la connaissance métaphysique. Certaines réalités non perçues…sont inassimilables, et deviennent pour l’homme des facteurs de déséquilibre et de déchéance, comme le prouve la situation écologique et culturelle du monde actuel. » Cette citation est relevée dans l’œil du cœur dont la première édition date de 1968 dans Éditions Traditionnelles on remarque le caractère prémonitoire de cette pensée quelques 55 ans avant 2023.
Une autre remarque de F.Schuon sur le concept médiéval me paraît aussi intéressante : « Il y avait de la sagesse dans le concept médiéval « de la double vérité », la théologique et la rationnelle. Car il y a le symbole et il y a le fait ; or le symbole compris vaut infiniment mieux que le fait incompris. Est « vrai » sous le regard divin, ce qui ouvre la porte vers la vérité à la fois transcendante et immanente. » Il prolonge sa réflexion entre Orient et Occident ainsi : « L’oscillation entre le symbolisme et la réalité objective fait penser à celle entre l’Orient et l’Occident, ou encore en un certain sens, à celle entre « foi et raison », ou entre tradition et le rationalisme matérialiste. »
Je ne puis m’empêcher après cette lecture de penser à l’encyclique de 1998 de Jean Paul II : Fides et Ratio (Foi et Raison), qui nous fait prendre conscience du chemin parcouru par l’église depuis l’inquisition, Galilée ou Giordano Bruno. En exprimant que la Foi et la Raison sont deux ailes qui permettent à l’esprit de s’élever vers la contemplation de la vérité ou encore sont les deux ailes qui portent l’espérance du retour de l’unité, de l’harmonie dans le cœur de l’homme.
Jean-François Guerry
À SUIVRE : les orientaux ou les occidentaux séduits par la modernité ?
FNAC de Vannes - Parc Kerlann - 46, Rue Théophraste Renaudot 56000 Vannes.
La rencontre d'un auteur est toujours un moment rare et privilégié, vous aurez le bonheur de pouvoir échanger avec Charles-Bernard Jameux le Samedi 11 mars 2023 il sera présent F N A C de Vannes entre 14h et 18h 30 pour la dédicace de son dernier ouvrage. "Paroles de francs-maçons. Mémoires maçonniques et libertaires."
Charles-Bernard Jameux.
Vu dans la Bibliographie de la Revue le Maillon.
Le maillon n°152 - Décembre 2022
Paroles de franc-maçon : mémoires maçonniques et
libertaires
par Charles Jameux
Éditions Le compas dans l’œil, 2022, 127 p., 22 €.
Charles Jameux a eu plusieurs vies, lesquelles se sont rassemblées en un fleuve qui, aujourd’hui, rejoint l’océan breton. Cinéma, surréalisme, anarchisme et Franc-maçonnerie en sont quelques-unes. Aucune de ces rivières ne s’est enlisée. Son livre s’ouvre sur une lettre à son fils puis
nous donne à lire des travaux qu’il a proposés à son obédience et à sa Loge qui s’était mise sous l’égide de l’anarchiste et pédagogue Franc-maçon Francisco Ferrer, fusillé en 1909.
Esprit de révolte, de poésie, quête spirituelle rendue accessible à ceux qui n’ont aucune idée de cette puissance de la pensée qu’éveille en chacun la Franc-maçonnerie, ce livre est à mettre entre toutes les mains car chacun y sentira passer le grand souffle de liberté propre à notre démarche comme la secrète émotion qui ne cesse de nous donner la force de continuer le chemin.
Marie-Dominique Massoni
La presse en parle, article de Ouest-France
Charles-Bernard Jameux Bellilois de Coeur depuis 32 années, il est un des derniers survivants du groupe surréaliste d'André Breton - Ouest-France Août 2022.
Comment avez-vous connu le surréalisme ?
A l’âge de 21 ans, je suis né en 1943, j’ai connu André Breton, principal animateur et théoricien du surréalisme, groupe que j’ai intégré jusqu’en 1969, époque à laquelle la succession d’André Breton, disparu en 1966, m’a posé problème. Si je me suis retiré du groupe, je n’en ai pas abandonné l’esprit ni ses valeurs, qui sont l’amour, la poésie et la liberté. Je les ai retrouvées sous une autre forme dans la franc-maçonnerie, avec la fraternité et la tolérance qu’elle prône.
Initié en 1977, j’ai été grand chancelier de la Grande Loge de France de 1998 à 2001, une sorte de ministre des affaires étrangères de l’obédience ; le fait que je parle allemand et américain m’a aidé dans cette tâche. Je suis, par ailleurs, issu de la 19epromotion de l’Institut des hautes études cinématographiques, devenu Fondation européenne des métiers de l’image et du son. J’ai travaillé à l’ORTF puis à la SFP de 1964 à 1998, grâce à l’appui de Léopold Schlossberg, producteur, le mari de Madeleine Sologne.
Quel est votre regard sur la franc-maçonnerie ?
Elle permet de satisfaire un besoin d’altruisme et de vivre ensemble, comme on dit maintenant. C’est une utopie initiatique basée sur une spiritualité toute simple, pas religieuse ; je suis athée. Si la situation faite à la franc-maçonnerie n’est pas toujours bonne, je m’applique à communiquer, ce que ne fait pas la loge à laquelle j’appartiens. Je donne des conférences à des profanes, en utilisant des mots simples de la langue française ; je parle de président de la loge et non de vénérable ; j’évoque nos réunions bihebdomadaires et non des tenues.
Quelle est l’idée directrice de votre nouvel ouvrage ?
Un père de famille et un franc-maçon partagent ce désir de transmission de la mémoire. L’un et l’autre ne font qu’un ; ce sont donc des expériences vécues, riches et intimes d’où jaillissent des fulgurances, comme ce sentiment d’appartenance à cette âme universelle faite de force, de sagesse et de beauté.
Au fil des pages, un fil ténu se tisse : celui d’une franc-maçonnerie qui est une construction qui sublime la réflexion et lui donne, en quelque sorte, ses lettres de noblesse. J’ai beaucoup travaillé sur les origines de la franc-maçonnerie… pour arriver à une théorie : elle serait née en Écosse, en 1637.
Mieux connaître l'auteur:
Charles-Bernard Jameux poète, écrivain, un des derniers du mouvement surréaliste d’André Breton qu’il fréquenta dans sa jeunesse. Charles-Bernard est diplômé de l’Institut des hautes études cinématographiques, il a fait sa carrière dans l’audiovisuel ORTF et SFP. En 1977, il est initié franc-maçon à la Grande Loge de France, dont il est encore membre, 45 ans de fidélité. Il est également membre du Suprême Conseil de France détenteur de la titulature la plus élevée du Rite Écossais Ancien et Accepté le plus universel de la Franc-Maçonnerie.
Il a occupé des responsabilités à la tête de son obédience dont celle de Grand Chancelier, il fut aussi Directeur de la rédaction de sa revue Points de Vue Initiatiques, revue de la Grande Loge de France. Directeur de la collection Pierre Vivante aux Éditions Dervy. Chercheur et cherchant il s’intéresse à l’histoire de la Franc-maçonnerie vingt années de recherches, qu’il l’on conduit notamment en Écosse, après l’étude des anciens statuts fondateurs de l’institution, le décryptage des ouvrages de David Stevenson (Les origines de la Franc-maçonnerie le siècle écossais 1590-1710) et de Frances Yates (L’Art de la mémoire). Charles-Bernard Jameux produit une thèse originale sur les origines de la franc-maçonnerie spéculative et ses racines profondes.(Les sources antiques de la transmission initiatique en franc-maçonnerie : l’art classique de la mémoire, 1995) Ses travaux, l’amène à écrire plusieurs ouvrages sur ce thème : L’art de la mémoire et la formation du symbolisme maçonnique ainsi que Franc-maçonnerie temps, mémoire, symboles il a été traduit en anglais et diffusé aux États-Unis d’Amérique Memory Palaces and Masonic Lodges : Esoteric Secrets of the Art of Memory. Il est aussi un conférencier apprécié de tous publics, pour sa bienveillance, gentillesse et sa fraternité.
Paroles de Franc-maçon Mémoires maçonniques et libertaires, est le titre de son nouveau livre édité à l’été 2022. Il y dévoile à la fois, une partie de son intimité ce qu’il est après son parcours initiatique de plus de 45 ans. Mais aussi sa foi maçonnique, croyance non dogmatique en des valeurs universelles et intemporelles qui libère l’homme. Il a jugé que le temps était venu de faire profiter les Sœurs et les Frères, ainsi que tous ceux qui sont à la recherche d’une vie plus humaine et plus spirituelle, il dit surtout tout le bonheur et de la joie qu’il a reçu et qu’il reçoit encore de cette expérience initiatique. C’est, sans prosélytisme qu’il fait part de cette possibilité qu’offre la Franc-maçonnerie, de ce don offert à ceux qui veulent donner un sens à leur vie. La Franc-maçonnerie, ordre initiatique traditionnel basé sur la fraternité avec ses valeurs morales est une voie qui permet de vivre un peu mieux.
Jean-François GUERRY.
Du même auteur.
Et aussi :
"Le surréalisme" Collaboration à l'ouvrage collectif. Entretiens du colloque de Cérisy-la-Salle, Editions Mouton, 1968
"Le vaisseau de feu" Chez l'auteur, 1980
"Souvenirs de la maison des vivants" (A.G. Editions, 2008)
Il ne reste que 48 heures pour t'inscrire aux IXes Rencontres de l'Académie Maçonnique Provence qui se dérouleront le samedi 4 mars au Château Saint-Antoine à Marseille.
Nous poursuivrons la quête de nos racines en allant cette fois, à la recherche des racines médiévales, réelles, supposées ou fantasmées.
Les racines médiévales
de la Franc-maçonnerie
Samedi 4 mars 2023
Château Saint-Antoine
Marseille
10 heures - 17 heures
Michèle MINNE-TURI GLFF
Présidente de la commission nationale Histoire
Le Moyen-âge : mille années passionnantes
David TAILLADES GLNF
Les origines de la Franc-maçonnerie
Sources documentaires et filiation
François ICHER Historien
Le Moyen-Âge, source historique
ou source d'inspiration ?
Dominique JARDIN GODF
Les racines médiévales de la
Franc-Maçonnerie comme exemple
de construction d’une tradition
Les conférenciers sont tous auteurs de nombreux ouvrages qu'ils dédicaceront avant la reprise des travaux l'après-midi. Nous vous présenterons les conférenciers plus complètement au cours des prochaines semaines.
La participation aux frais est de 25 €.
Nous avons aussi le plaisir de te proposer de t'abonner ou de renouveler ton abonnement annuel à nos activités :
L'abonnement annuel est inchangé (35€) et te donnera accès gratuitement (hors repas) aux deux rencontres de l'année 2023 ainsi qu'aux manifestations organisées par les Académies de Lyon, Lille, Toulous et Paris.
Nous proposons également cette année un abonnement de soutien (60 €) qui, en plus des encouragements que tu nous transmets, te permet de recevoir en cadeau le livre de ton choix parmi ceux déjà coédités par l'Académie Maçonnique Provence et les Éditions Ubik.
Nous comptons sur to soutien qui nous aide grandement à organiser en toute sécurité ces Rencontres réservées aux Frères et Sœurs Maîtres de toutes les obédiences.
Le repas (entrée, plat, fromage, dessert, café et boissons) sera servi en salle humide et le montant du triangle est de 20 €.
Marc Halévy, Construire Dieu, construire le monde Marc Halévy, Kabbale et Franc Maçonnerie Marc Halévy, Après la Modernité, quelle Franc-maçonnerie ?
Alain-Noël Dubart: La Franc-maçonnerie entre passé et avenir Louis Trébuchet, Le désir des collines éternelles
Louis Trébuchet, Appel aux racines spirituelles du REAA
Jean-François Guerry, Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie
Michel Fromaget, Corps, Âme, Esprit: Liberté, Vérité, Beauté
Solange Sudarskis, Il était une fois un mythe, Hiram
RÉFLEXION : Analogies entre le Pérennialisme et la Franc-Maçonnerie. Part V-
Notre recherche des analogies entre le Pérennialisme et la Franc-Maçonnerie nous mène à observer les pratiques communes qui les caractérisent. Parmi celle-ci la purification de l’être qui peut aller jusqu’au sacrifice forme ultime du don, le don de soi. Ce sacrifice est scellé par une succession d’engagements de serments donnés en présence du G A D L U, de ses Sœurs, de ses Frères mais surtout de soi-même. Nous faisons alliance avec les hommes, et le principe créateur et acceptons les pénalités si nous devions renoncer à nos serments et nos alliances en devenant parjures.
Le don, le sacrifice est un acte de compensation, il apaise nos transgressions avec l’ordre moral, le péché cosmique ou encore une transgression existentielle. Ce sacrifice consenti, affirmé est présent dans les rites d’initiations et leurs rituels ; la Franc-Maçonnerie n’y échappe pas dès les premiers symboliques les serments sont assortis de pénalités en cas de rupture existentielle : gorge tranchée, cœur arraché donné en pâture aux rapaces, jusqu’à l’exigence de la mort plutôt que la trahison des secrets, de la parole donnée. « Plutôt la mort que la trahison ». Cet engagement le Franc-Maçon le partage avec les chevaliers, il est un Chevalier de l’Esprit qui élève l’homme vers son principe créateur.
Frithjof Schuon écrit : « Le sacrifice est comme une mort volontaire et symbolique dans le cadre de la vie : tout ce qui existe vibre entre le Principe, qui se situe au-delà de l’existence qu’il détermine, et manifestation qui au contraire, tend vers l’existence totale sans jamais pouvoir la réaliser d’ailleurs puisque seul le principe est entièrement « soi-même ».
Néanmoins cette inclinaison au don de soi, au sacrifice permet une réintégration partielle dans l’unité du principe, c’est du moins ce souhait que l’on peut qualifier d’espérance. L’on voit dès lors l’importance de la trinité des vertus théologales et leur association Foi-Charité-Espérance, qui caractérisent le Chevalier de l’Esprit.
Le sacrifice spécificité de l’homme au sein du monde terrestre, en ce qu’il peut consciemment se purifier des taches de son existence. L’on peut lire, dans Satapatha brãhmana texte religieux de l’Inde antique : « L’homme est le seul animal qui sacrifie ». Le sacrifice est alors une part restituée au créateur de son don, de ce qu’il nous a donné. L’aumône, le don, le sacrifice sont présents dans toutes les traditions et les religions. Les hindous, les juifs, les musulmans font des offrandes à leur créateur. Les chrétiens célèbrent le sacrifice du plus humble de tous et de sa loi d’amour. En Franc-Maçonnerie l’on s’engage aussi à faire des dons, « êtes-vous prêt à donner votre vie… ». Dans le rituel du 1er degré du Rite Français on pratique sur le profane, la saignée symbolique. On ne peut s’empêcher au-delà de la nécessité médicale du don du sang, à sa symbolique même chez les adolescents qui veulent sceller leur amitié, « à la vie ! à la mort ! ».
Les sociétés modernes ont substitué les sacrifices humains, par les sacrifices des animaux. Dans les religions monothéistes l’on trouve le sacrifice du mouton, mais aussi le sacrifice conscient de l’homme dieu dans le christianisme.
Frithjof Schuon écrit : « Le sacrifice du christ est ce qui permet aux chrétiens d’abattre des animaux sans les sacrifier, le christ contenant par sa divinité toute manifestation… celui-ci synthétisant en lui-même par sa divinité, la totalité des êtres… »
Néanmoins la pratique du sacrifice peut se dégrader, dévier. Cela nous rappelle l’épisode biblique du « veau d’or ».
Frithjof Schuon explique : « Là où la spiritualité s’est assombrie, le sacrifice ne s’adresse plus à la Divinité, mais à une entité psychique créée et entretenue par l’adoration collective qui, elle aussi, n’est que psychique… » On comprend dès lors le 4ème degré du R\E\A\A ou les Frères sont des Lévites qui ont su rester fidèle, garder le secret, être obéissant et persévérer pouvant ainsi se glorifier.
Frithjof Schuon complète : « Lorsque les influences divines se sont retirées d’un culte religieux, et que cette entité psychique subsiste seule, abandonnée à elle-même et à ses serviteurs ignorants et d’autant plus passionnés-, elle devient un véritable monstre et sert d’habitation aux influences ténébreuses ; c’est ce qui explique qu’on a pu voir des apparitions hideuses s’échapper d’idoles brisées. » (L’attribut « seule » mérite d’être souligné).
Ce qui peut expliquer, que pour pénétrer « les hautes régions de la Connaissance Spirituelle », il convient « de ne point forger d’idoles humaines pour agir aveuglément sous leur impulsion », et que « nous ne devons pas profanez le mot de Vérité en l’accordant aux conceptions humaines ».
Si l’homme dans le secret de son cœur, est capable d’écouter son Maître intérieur. Il pourra aborder avec joie ce don ultime, le sacrifice encouragé par la Foi, guidé par la Charité, et soutenu par l’Espérance.
Frithjof Schuon conclu ainsi sur le sacrifice : « La forme suprême, celle dont toutes les autres ne sont que des reflets ou des anticipations se situe sur le plan intérieur. C’est pour « perdre sa vie », (…) que l’homme se sacrifie lui-même- ou plutôt pour la retrouver dans l’immuable qui est au-delà des alternances cosmiques. » Si l’on retrouve le sacrifice dans de nombreuses traditions et religions, on le retrouve aussi en Franc-Maçonnerie au 3èmedegré, puis au 18ème degré. Est-ce un invariant nécessaire à la progression initiatique, un passage obligé pérenne à de toutes les traditions ? Le Franc-Maçon, voyage t’il depuis le 3ème degré sous les ailes du Phénix et du Pélican, le sacrifice du Maître est-il incontournable pour démontrer que l’Acacia ne meurt jamais ? Le sacrifice est-il nécessaire pour retrouver la parole perdue ? Le sacrifice marque t’il toujours la fin et le début d’un cycle initiatique ? Le sacrifice ouvre t’il la porte de la Connaissance, cette porte d’où l’on peut contempler le nom divin ? Est-ce par hasard que le Franc-Maçon s’exclame à plusieurs reprises par ces mots Ah seigneur mon Dieu ! Ô mon Dieu ! Le sacrifice permet-il de sortir définitivement de la matérialité, de réaliser le désir de la contemplation de l’Un du Divin ? C’est paraît-il à la porte de l’Orient que l’on connaitra l’ultime initiation que les profanes appellent la mort. La polysémie des mots, des symboles, qui peuplent les rituels initiatiques se rejoignent-ils dans une tradition unique, primordiale qui efface le temps et l’espace ? Dans les Vertus et l’Amour Vladimir Jankélévitch écrit à propos de celui qui se sacrifie : « Il donne ce qui en aucun cas ne lui sera rendu et jamais ne sera remplacé. » C’est bien sûr la preuve ultime de l’Amour pour les autres. Comme il n’y a définitivement pas de hasard ou si peu, l’on peut en conclure que toutes les traditions sont nées d’une tradition unique et pérenne.
Jean-François Guerry.
Malheureusement n'ayant pas à ce jour lu ce livre je ne peux pas vous en faire une recension.
a le plaisir de vous signaler la sortie du livre
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